Voilà déjà un an que Silicon Valley Bank (SVB) et Signature Bank — deux des plus grands partenaires bancaires du secteur technologique à l’époque — ont soudainement fermé leurs portes.
Pour plusieurs, la blessure est encore vive : SVB soutenait à elle seule plus de 40 % des entreprises technologiques et de santé financées par du capital de risque aux États-Unis lors de sa fermeture. Il est donc important de se rappeler les répercussions plus larges de ces fermetures soudaines :
- Peu après l’annonce de la fermeture de SVB, le vendredi 10 mars 2023, les quatre plus grandes banques américaines ont à elles seules perdu environ 50 milliards de dollars en parts de marché, tandis que plus de 80 milliards de dollars en valeur boursière se sont évaporés chez les 18 banques du S&P 500.
- L’impact a été mondial : les marchés asiatiques et européens ont aussi chuté, alors que les actions de HSBC et Barclays ont reculé respectivement de 4,8 % et 3,8 % à la suite de la nouvelle.
Les clients des banques n’ont rien oublié de ces événements. Même si SVB s’est réorganisée et est de retour dans le secteur du capital de risque, plusieurs entreprises qui faisaient affaire avec la banque se souviennent très bien de l’incertitude quant à leur capacité à payer leurs employés.
Ce n’est d’ailleurs que plus tard durant cette fin de semaine-là — une éternité pour les CFO — que la FDIC a rassuré les clients de SVB en garantissant tous les dépôts grâce au Fonds d’assurance des dépôts (DIF).
Tout cela mérite d’être rappelé à la lumière des récentes déclarations du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, qui a averti que d’autres faillites bancaires similaires sont probablement inévitables compte tenu de certaines réalités du marché.
Nous allons décortiquer comment les entreprises innovantes devraient interpréter les propos récents de Powell devant le comité sénatorial des banques, comparer la situation actuelle à celle des crises bancaires passées, et expliquer pourquoi une stratégie de capital diversifiée est essentielle pour maintenir la liquidité, peu importe le contexte.

Les banques de taille moyenne sont les plus vulnérables
« Ce problème va nous occuper pendant encore des années, j’en suis certain. Il y aura des faillites bancaires », a prévenu Jerome Powell lors d’une audience sur la politique monétaire de la Fed, le 7 mars, devant le comité sénatorial des banques.
Même si cette déclaration frappe fort, Powell a précisé que, contrairement à la crise bancaire de 2008, il s’attend à ce que les prochaines fermetures épargnent les plus grands prêteurs. Une des raisons principales : plusieurs grandes banques ont été désignées comme « d’importance systémique » (autrement dit, trop grandes pour faire faillite) après la crise financière de 2008.
« Ce n’est pas un enjeu majeur pour les très grandes banques. Ce sont surtout les banques de petite et moyenne taille qui font face à ces défis. Nous travaillons avec elles. Nous avançons. Je pense que la situation est gérable, c’est le mot que j’emploierais », a-t-il affirmé.
Au cœur de ce resserrement du crédit, on retrouve la chute de la valeur de l’immobilier commercial, qui a dégringolé dans presque tous les grands marchés mondiaux depuis la pandémie. En clair, avec moins d’employés qui se rendent au bureau, les investissements immobiliers, autrefois incontournables, ne sont plus essentiels pour bien des entreprises.
Résultat : plusieurs fiducies de placement immobilier commercial (FPI) sont en territoire négatif depuis le début de 2024. Cela déclenche une série de répercussions économiques : avec moins de travailleurs dans les centres-villes nord-américains, non seulement les bureaux sont vides, mais il y a aussi moins de clients pour soutenir le commerce de détail dans les quartiers centraux.
Plutôt que de chercher des solutions à court terme, Powell indique que ce « changement structurel » de l’économie — difficile pour plusieurs, alors que le nombre de banques de taille moyenne diminue — devra se refléter dans le paysage du crédit.
Même si Powell n’a pas détaillé les mesures réglementaires prévues pour protéger les banques les plus vulnérables à l’exposition négative des fiducies de placement immobilier (FPI), la Fed a tout de même pris les devants en contactant les institutions jugées les plus à risque.
« Nous sommes en discussion avec elles : Avez-vous bien cerné le problème? Disposez-vous de suffisamment de capital? Avez-vous assez de liquidités? Avez-vous un plan? Vous allez subir des pertes — êtes-vous honnêtes avec vous-mêmes et avec vos actionnaires? », a-t-il déclaré au Sénat.
Qu’est-ce que cela signifie pour le financement de l’innovation?
Ces avertissements sur les faillites bancaires sont évidemment liés à des enjeux plus larges qui touchent l’ensemble du monde des affaires. Les FPI commerciaux et le commerce de détail ne sont que deux pièces d’un vaste casse-tête qui influence les taux d’intérêt, l’inflation et le resserrement du crédit auquel font face de nombreuses entreprises aujourd’hui.
Comme nous l’avons déjà abordé sur le blogue, ce sont là quelques-unes des conditions qui font baisser les prévisions d’EBITDA pour les CFO dans le marché intermédiaire et au-delà.
En chiffres, Gartner prévoit :
- Seulement 2 % de croissance des revenus d’ici 2027 (selon des prévisions de PIB peu encourageantes);
- Une hausse de 5 % des coûts de main-d’œuvre aux États-Unis et dans la zone euro ;
- Une augmentation de 8 % des coûts technologiques à l’échelle mondiale ;
- Une inflation américaine de 3 % par année jusqu’à la fin de la décennie.
Pour éviter de tomber dans une spirale comme SVB et Signature Bank, plusieurs banques vont se concentrer sur le risque de remboursement à court terme de leurs investissements, jusqu’à ce que les coûts de main-d’œuvre et de matériaux s’ajustent mieux à la demande des consommateurs au fil de la décennie.
Cela signifie aussi que les entreprises qui cherchent du financement externe devront démontrer une capacité opérationnelle et de développement sur un horizon plus long. Comme nous l’avons récemment discuté avec Lauren Thibodeau, fondatrice de saascan, sur notre balado, les prêteurs exigent maintenant un horizon d’au moins 18 à 24 mois (voire plus) avant d’intégrer une entreprise à leur portefeuille, alors qu’il suffisait de 12 mois il y a quelques années.
Cependant, comme l’explique Randeep Rathindran, vice-président de la recherche chez Gartner, dans un rapport récent : « Les CFO peuvent aider leur organisation à réduire leur dépendance à la dette à taux élevé en élargissant leur perspective sur les sources de financement, au-delà des prêts bancaires et des obligations d’entreprise. »
« Les dirigeants financiers devraient explorer les émissions d’actions secondaires, le capital de risque et les options de financement non dilutif […], » poursuit Rathindran.
Comment l’innovation peut prolonger votre horizon de trésorerie et générer de la valeur
Une source puissante (et souvent sous-utilisée) de financement non dilutif, ce sont les crédits d’impôt pour la R-D. Les CFO peuvent ainsi réinvestir une partie du capital déjà consacré au développement de produits.
Chaque année, aux États-Unis, les entreprises peuvent réclamer jusqu’à 500 000 $ pour compenser la paie, l’impôt sur le revenu ou toute autre obligation fiscale liée à la R-D, grâce au crédit d’impôt de la section 41 de l’IRC. En pratique, cela signifie que jusqu’à 500 000 $ en liquidités peuvent rester dans le compte bancaire de votre entreprise chaque année, si votre équipe réussit à déposer une demande acceptée par l’IRS.
Au Canada, le programme RS&DE offre un soutien similaire aux SPCC axées sur la R-D, peu importe leur taille ou leur secteur, avec près de 4 milliards de dollars versés à plus de 22 000 entreprises canadiennes innovantes en 2021 seulement.
Au total, cela représente plus de 20 milliards de dollars en crédits d’impôt pour la R-D disponibles pour aider les entreprises innovantes à préserver leur liquidité et à miser encore davantage sur la création de valeur.
Mais, des deux côtés de la frontière, accéder à ces crédits exige non seulement de parler le langage de l’innovation, mais aussi de maîtriser le jargon fiscal de l’ARC ou de l’IRS.
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En combinant des décennies d’expertise humaine en fiscalité — tout en étant nous-mêmes des entrepreneurs — à une plateforme qui centralise vos données financières, de projets et de paie dans un système de preuve unique, Boast s’assure de repérer chaque activité admissible à un crédit.
Aux yeux des investisseurs, les entreprises qui profitent de ces occasions de financement non dilutif démontrent une gestion budgétaire avisée, ce qui les rend plus attrayantes que celles qui laissent les crédits d’impôt pour la R-D sur la table.
Recevoir un remboursement du gouvernement pour continuer à financer l’innovation, c’est aussi prouver aux investisseurs que votre R-D est tellement innovante et porteuse que même le gouvernement fédéral veut soutenir votre succès.
C’est l’un des meilleurs atouts à mettre de l’avant lorsque vous présentez votre solution à des investisseurs potentiels.
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