Le débat actuel sur l’intelligence artificielle (IA) est marqué par des positions contradictoires. Certains politiciens présentent l’IA et les outils d’apprentissage automatique (AA) comme des menaces pour l’emploi, alors que les associations de l’industrie voient dans l’automatisation une occasion de stimuler l’innovation et de créer un tout nouveau type de marché du travail.

Ce qui rend ce débat particulièrement unique, c’est que même les acteurs favorables à l’adoption de l’IA n’ont pas toujours la même vision sur la meilleure façon d’intégrer ces nouveaux outils d’AA dans les usages courants.

On le constate d’ailleurs en ce moment lors d’une série d’audiences au Sénat américain, où les experts derrière les cas d’utilisation les plus connus de l’IA ne se contentent pas de défendre leur point de vue : ils expliquent aussi concrètement aux élus comment fonctionne l’IA.

Pendant ce temps, l’adoption rapide d’outils comme ChatGPT d’OpenAI dépasse la capacité des législateurs à saisir toutes les conséquences, à court et à long terme, de l’utilisation de l’IA. Ce qui manque dans tout cela — autant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde —, c’est une réglementation gouvernementale qui encadre réellement ces technologies d’IA générative, très populaires mais encore jeunes.

Les experts en technologie réclament une réglementation de l’IA 

Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, s’est imposé comme l’un des plus grands défenseurs d’une réglementation gouvernementale pour des technologies comme ChatGPT.

« À mesure que la technologie progresse, nous comprenons que les gens s’inquiètent de l’impact sur leur quotidien », a déclaré Altman lors de l’audience. « Nous aussi, mais nous croyons qu’il est possible — et nécessaire — de travailler ensemble pour cerner et gérer les risques, afin que tout le monde puisse profiter des retombées positives. »

Altman était accompagné, le 16 mai, de Christina Montgomery, vice-présidente et chef de la confidentialité et de la confiance chez IBM, ainsi que de Gary Marcus, professeur émérite à l’Université de New York. Il y a présenté sa propre solution en trois volets pour encadrer l’IA.

D’abord, Altman propose de créer une toute nouvelle agence gouvernementale qui aurait le pouvoir d’accorder ou de retirer des licences pour l’utilisation de grands modèles d’IA. Il souhaite aussi que cette agence établisse des normes de sécurité claires pour encadrer la conformité et la délivrance des licences, s’appuyant sur le projet de Charte des droits de l’IA proposé plus tôt cette année par la Maison-Blanche, mais qui demeure pour l’instant inapplicable.

Enfin, Altman estime qu’il devrait y avoir des vérifications indépendantes — menées par des experts externes — pour s’assurer que les détenteurs de licences respectent les règles et n’utilisent pas les modèles d’IA de façon abusive. Ces experts surveilleraient, par exemple, les algorithmes capables de s’auto-répliquer ou de « s’échapper dans la nature », ce qui indiquerait que le modèle d’IA agit de façon autonome et pourrait échapper au contrôle humain.

Même chez les partisans de l’IA, les approches en matière de réglementation varient

Là où la proposition d’Altman diffère de celle des autres experts présents à l’audience, c’est dans sa demande d’une plus grande transparence sur les données utilisées pour entraîner les modèles d’IA.

Gary Marcus, de l’Université de New York, réclame non seulement plus de transparence, mais même un minimum de transparence sur la façon dont des solutions comme ChatGPT ou les outils d’IA générative graphique comme Midjourney ou Dall-E 2 s’appuient sur des œuvres protégées par le droit d’auteur, souvent sans autorisation.

Tout comme Altman, Marcus prône la création d’une agence dédiée à la réglementation de l’IA, en s’inspirant du modèle de la Food and Drug Administration (FDA), qui veille à la sécurité alimentaire avant la mise en marché des produits.

De son côté, Christina Montgomery d’IBM s’oppose à la création d’une nouvelle agence, jugeant que cela prendrait trop de temps. Selon elle, l’IA est déjà adoptée à grande échelle dans plusieurs secteurs, et les organismes de réglementation actuels n’arrivent tout simplement pas à suivre le rythme.

L’IA, moteur d’innovation recherché

Même sans directives claires sur la façon d’intégrer l’IA en entreprise, les dirigeants — autant des PME que des grandes organisations — se tournent vers l’IA et l’AA pour accélérer la création de nouveaux produits et services.

D’ailleurs, plus des deux tiers des dirigeants sondés par Gartner estiment que les avantages de l’IA générative surpassent les risques potentiels. De plus, des leaders de l’industrie à l’échelle mondiale ont récemment affirmé au Forum économique mondial (WEF) que l’impact de l’IA sera en fait positif, puisqu’elle créera de nouveaux emplois en analytique de données massives, en cybersécurité et en opérations d’affaires.

Des startups utilisent même des outils d’IA générative pour accélérer leur recherche et développement, automatiser certaines tâches et découvrir de nouveaux cas d’utilisation. Le WEF cite d’ailleurs l’IA comme un moyen d’accélérer la R-D dans des secteurs émergents comme les technologies propres, une priorité d’investissement tant pour les gouvernements américain que canadien.

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