La Banque du Canada a annoncé la semaine dernière qu’elle maintenait son taux directeur à 5,00 %, pour une quatrième fois consécutive—un signal mitigé pour les emprunteurs alors que l’inflation continue de préoccuper les économistes.

Ce gel prolongé survient après l’une des séries de hausses de taux les plus marquées de l’histoire de la banque centrale, passant de 0,25 % au début de la pandémie (alors que l’inflation était même négative) à 5,00 % aujourd’hui, après un sommet d’inflation de 8 % en juin 2022.

À première vue, plusieurs y verront une bonne nouvelle—le pire scénario aurait été une nouvelle hausse—mais la réalité est loin d’être aussi simple.

Pour de nombreux fondateurs, c’est d’autant plus vrai dans le contexte économique actuel, où le financement externe est devenu un défi de taille à l’approche de 2024.

Dans cet article, nous allons décortiquer ce que signifient les dernières décisions de la Banque du Canada pour les fondateurs, ainsi que les nombreux facteurs qui rendent le début de 2024 particulièrement exigeant.

Un resserrement budgétaire au Canada et à l’international

D’entrée de jeu, il n’est un secret pour personne que l’argent se fait rare dans l’économie de l’innovation, et les entreprises canadiennes n’y échappent pas.

Par exemple, tout comme leurs voisins des États-Unis, les fondateurs canadiens ont vu le capital de risque chuter drastiquement à la fin de 2023. Selon les derniers rapports, le troisième trimestre a été le plus lent pour le nombre de transactions depuis le début de la pandémie.

Dans la même veine, la valeur totale des investissements a plongé de 60 % du deuxième au troisième trimestre au Canada, suivant la même tendance à la baisse que l’activité de capital de risque suivie par Pitchbook à la fin de 2023.

Même si ces tendances sont préoccupantes en soi, elles ne sont qu’un des nombreux signes que 2024 s’annonce difficile pour le financement.

Mais pour bien des dirigeants d’entreprise au pays, le véritable « canari dans la mine » n’est pas l’attitude des investisseurs en capital de risque, mais bien les taux d’intérêt.

Les taux d’intérêt ont explosé en réaction à l’inflation record de 2022

Au cours des deux dernières années, la Banque du Canada a procédé à certaines des hausses de taux les plus rapides de son histoire.

Les responsables de la banque centrale avaient maintenu le taux directeur à 0,25 % en 2020 et 2021 pour soutenir l’économie pendant la pandémie. Puis, en mars 2022, avec la montée des prix du pétrole et des matières premières (et l’instabilité géopolitique), la Banque du Canada a relevé le taux à 0,50 %.

À partir de là, tout s’est accéléré.

D’abord, la banque a procédé à une hausse de 50 points de base le 13 avril 2022, portant le taux à 1,00 % pour annoncer un resserrement quantitatif—c’est-à-dire une réduction de la liquidité sur les marchés financiers.

Le 1er juin 2022, une nouvelle hausse a porté le taux à 1,50 % alors que l’inflation au Canada dépassait les 8 %.

Au cours de l’année suivante, le taux directeur a continué de grimper par à-coups pour freiner l’inflation, jusqu’à atteindre un sommet de 5,00 % en juillet 2023.

Pour bien illustrer la situation : en environ deux ans, les taux d’intérêt sont passés de presque zéro à 5,00 %. Résultat : le coût total d’un prêt a explosé, ce qui complique encore plus la tâche des fondateurs qui cherchent du financement.

La bonne nouvelle?

D’un point de vue macroéconomique, l’inflation a nettement reculé grâce aux hausses de taux de la Banque du Canada. En mars 2023, le taux directeur correspondait à peu près au niveau de l’inflation, soit autour de 4,5 %.

Mais même si l’inflation continuait de baisser, la Banque n’a pas relâché la pression, portant finalement le taux à 5,00 % en juillet 2023.

Depuis, la Banque du Canada maintient le cap, évitant d’augmenter davantage les taux alors que l’inflation fluctue entre 3 et 4 %. C’est beaucoup plus sain que le sommet de 8 % atteint en juin 2022.

En décembre 2023, l’inflation était redescendue à 3,4 %. Bref, la tendance reste positive à l’approche de janvier.

La (potentielle) mauvaise nouvelle?

Au 24 janvier 2024, la Banque du Canada a confirmé qu’elle maintenait le taux directeur à 5,00 %, pour une quatrième fois d’affilée. C’est un signe clair que l’inflation est encore loin de la cible.

« D’abord, la politique monétaire fonctionne pour réduire les pressions sur les prix, et il faut poursuivre dans cette voie. L’inflation diminue parce que les taux d’intérêt élevés freinent la demande dans l’économie. Mais l’inflation demeure trop élevée et les pressions sous-jacentes persistent. Il faut laisser le temps à ces taux élevés de produire leur effet », a déclaré Tiff Macken, gouverneur de la Banque du Canada, la semaine dernière.

Bref, même si l’inflation et les taux d’intérêt semblent enfin se stabiliser après deux ans de montagnes russes, on est loin de l’époque dorée de 2020, où les prêts et le capital de risque coulaient à flots.

À retenir : les prêts coûtent toujours cher, malgré l’optimisme

Comment les fondateurs peuvent-ils naviguer dans un contexte où les taux d’intérêt restent élevés et où le capital de risque se fait rare pour financer leur innovation?

Il n’existe pas de solution miracle—et chaque parcours de financement dépendra du degré d’innovation réel de votre entreprise—mais il est essentiel de maximiser toutes les sources de financement non dilutives pour optimiser chaque dollar disponible.

Pour plusieurs fondateurs, cela signifie d’investir plus que jamais en recherche et développement afin de créer des solutions qui répondent à des besoins précis, améliorent l’efficacité et leur permettent de se tailler une place unique sur leur marché.

Cela exigera sans doute d’investir davantage en R-D—ce qui peut inquiéter les fondateurs qui n’ont pas encore de revenus—mais il existe des stratégies pour maximiser ces investissements tout en récupérant une partie des dépenses sous forme de crédits d’impôt.

Partout en Amérique du Nord, Boast aide les startups et les fondateurs à optimiser leurs processus de R-D pour accéder à un éventail de sources de financement non dilutif. Cela leur permet d’accélérer leur feuille de route produit tout en prolongeant leur marge de manœuvre financière.

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