Si vous dirigez un studio de jeux en Ontario, l’OIDMTC pourrait bien être la source de financement la plus fiable de votre budget annuel que vous n’exploitez pas pleinement.

C’était le fil conducteur de Libérez le capital caché de votre studio, un webinaire conjoint animé par Boast et XP Gaming le 7 juillet 2026. Pendant une heure, des responsables finances et marketing de deux des studios indépendants les plus établis en Ontario (Torn Banner Studios et Uken Games) se sont joints aux experts en crédits d’impôt RS&DE de Boast pour discuter de leur vision du financement gouvernemental, ce qu’ils auraient aimé savoir plus tôt et à quoi ressemble concrètement l’OIDMTC sur le terrain.

La discussion a couvert beaucoup de sujets. Voici ce qu’il faut retenir.

Qu’est-ce que l’OIDMTC et pourquoi c’est important maintenant?

Le crédit d’impôt de l’Ontario pour les médias numériques interactifs est un crédit d’impôt remboursable offert aux sociétés qui développent des produits admissibles de médias numériques interactifs en Ontario. Pour la plupart des studios de jeux, le chiffre clé est jusqu’à 40 % de remboursement des coûts de main-d’œuvre admissibles en Ontario, sans plafond quant au montant de main-d’œuvre que vous pouvez réclamer.

Il existe aussi un crédit additionnel de 100 000 $ pour le marketing et la distribution pour les produits non spécifiés, qu’Alex Hayter, CMO chez Torn Banner souligne comme étant largement sous-utilisé : « Vous vous tirez dans le pied si vous ne le réclamez pas. »

Le programme fonctionne selon quelques volets principaux :

  • 40 % pour les produits non spécifiés (jeux développés et commercialisés comme propriété intellectuelle du studio)
  • 35 % pour les produits spécifiés (développement à forfait) et les sociétés de jeux numériques spécialisées ou admissibles
  • Jusqu’à 100 000 $ en crédits additionnels pour le marketing et la distribution (produits non spécifiés seulement)
  • Aucun plafond sur les dépenses de main-d’œuvre admissibles en Ontario

Et ce n’est pas tout. L’OIDMTC peut être jumelé au programme fédéral de RS&DE, qui, depuis le 26 mars 2026, a reçu sa plus importante bonification depuis des décennies grâce au projet de loi C-15, doublant la limite des dépenses remboursables de 3 M$ à 6 M$ pour les SPCC et rétablissant l’admissibilité des équipements de capital. Plus de détails ci-dessous.

« C’est la base » : la vision de Torn Banner sur l’OIDMTC

Steph Sandercock, directrice des finances chez Torn Banner Studios, a été claire lorsqu’on lui a demandé sur quels programmes gouvernementaux le studio compte le plus : « Sans hésiter, c’est l’OIDMTC. C’est évolutif. Tant que vous le gérez bien, ça roule tout seul. »

Torn Banner réclame l’OIDMTC depuis des années sur plusieurs projets en parallèle et le conseil de Steph pour les studios qui font de même est limpide : Systèmes d’abord, toujours.

« J’ai géré l’OIDMTC pour jusqu’à quatre projets en même temps. L’important, c’est d’être organisé et d’avoir votre système en place dès le début. Vous ne vous souviendrez pas où quelqu’un a travaillé en mars, alors ayez un système où chaque mois vous mettez à jour cette information, dans le format requis pour votre demande. »

Elle a aussi souligné un point souvent négligé à mesure que les studios grandissent : la taxe sur la masse salariale, qui s’applique dès que la paie annuelle en Ontario dépasse 1 M$. « J’ai vu plusieurs studios dire : “Je ne savais même pas que ça existait.” » L’essentiel, c’est que l’OIDMTC ne fonctionne pas en vase clos; il fait partie d’une gestion financière globale que trop peu de studios priorisent tôt.

Torn Banner a aussi recommencé à réclamer la RS&DE récemment, après une pause. Steph précise que les deux programmes sont compatibles, mais il faut bien répartir la main-d’œuvre pour éviter de réclamer la même dépense deux fois.

Comment Uken Games intègre le financement gouvernemental à sa stratégie de croissance

Ellis Yuan, directeur des finances chez Uken Games, a apporté une perspective différente à la discussion, en tant que CPA ayant travaillé chez PwC et gérant les finances d’un studio mobile reconnu par Ontario Créatif pour son utilisation de l’OIDMTC et du Fonds IDM.

Sa façon d’intégrer le financement gouvernemental à la planification du studio est un modèle à suivre pour tout directeur financier.

« La RS&DE, on la voit comme un levier à moyen terme. On reçoit généralement notre remboursement trois à quatre mois après la demande. L’OIDMTC comporte plus d’incertitudes. Il est prudent de faire des analyses de scénarios et de sensibilité. Demandez-vous : et si on n’obtient pas l’OIDMTC cette année? À quoi ressemble notre flux de trésorerie et notre piste de décollage? Avons-nous besoin d’un financement relais? »

Il a aussi soulevé un point qui surprend souvent les studios : les crédits OIDMTC sont des revenus imposables. « Au moment de produire votre déclaration de revenus, vous devrez peut-être les inclure, ce qui pourrait vous placer en situation de solde à payer. Intégrez-les à votre budget et à votre stratégie de croissance. »

Ellis a aussi insisté sur l’importance de bâtir des relations avec les partenaires de financement, au-delà des lancements de produits, de façon continue. « Être présent dans l’esprit de nos partenaires fait en sorte que, lorsqu’un nouveau financement s’ouvre ou qu’une initiative démarre, on pense à nous. »

Ce que les studios font mal : Mat Rutishauser sur les trois niveaux de complexité de l’OIDMTC

Mat Rutishauser, chef de l’ingénierie prévente chez Boast, a décortiqué où les studios laissent systématiquement de l’argent sur la table, en trois niveaux.

Niveau 1 : choisir le mauvais volet. L’OIDMTC comporte quatre volets, chacun avec ses taux et règles. Savoir pour lequel vous êtes admissible (et lequel est optimal pour votre studio) est la première décision qui influence tout le reste. « Savoir quel volet est le meilleur pour vous, c’est vraiment un enjeu majeur. »

Niveau 2 : erreurs de processus qui retardent la demande. Une erreur dans votre demande vous coûte du temps et de l’argent. Ontario Créatif vous demandera de corriger, ce qui peut ajouter un à deux mois au délai. « Si vous comptiez recevoir l’argent à telle date, et que c’est repoussé de deux mois, il faut tout réajuster. »

Niveau 3 : empilement sous-optimal. L’OIDMTC et la RS&DE ne peuvent pas être réclamés sur le même dollar de main-d’œuvre admissible. Bien répartir la main-d’œuvre entre les deux programmes (et déterminer si la bonification RS&DE vaut le compromis OIDMTC sur une dépense donnée) peut représenter une différence de 5 à 10 % ou plus sur votre retour total.

Le commentaire de Mat sur les projets annulés a été l’un des plus utiles de la séance : si votre jeu n’a pas été lancé, ou si un projet a été annulé en cours de route, ces coûts pourraient quand même être admissibles. « En bref : vous pouvez quand même obtenir des crédits d’impôt là-dessus. Ça dépend du volet. Posez des questions. »

Comment jumeler l’OIDMTC et la RS&DE après les bonifications de 2026

L’une des évolutions majeures pour les studios de jeux de l’Ontario en 2026 est l’expansion du programme RS&DE en vertu du projet de loi C-15, sanctionné le 26 mars 2026.

Les changements clés pour les SPCC :

  • Plafond des dépenses doublé de 3 M$ à 6 M$, ce qui signifie jusqu’à 2,1 M$ en crédits remboursables par année
  • Admissibilité des équipements de capital rétablie pour les biens acquis après le 16 décembre 2024
  • Seuils d’élimination progressive relevés de 10 M$–50 M$ à 15 M$–75 M$ en capital imposable
  • Les sociétés publiques canadiennes (SPC) sont maintenant admissibles au taux remboursable de 35 % pour la première fois

Mat a expliqué pourquoi ce changement pour les SPC est important pour les studios de jeux : « Avant, si vous étiez une SPC, votre crédit RS&DE ne valait pas la peine d’être pris au détriment de l’OIDMTC. Maintenant, vous pouvez récupérer jusqu’à 60 cents par dollar en remboursable, contre 40 cents pour l’OIDMTC. »

La règle essentielle, c’est que le même dollar de main-d’œuvre ne peut pas être réclamé à la fois sous l’OIDMTC et la RS&DE. Carlos Coelho, chef des ventes chez Boast, le résume ainsi : « Dans quel panier ça va? RS&DE ou OIDMTC? Il faut séparer ça dans votre grand livre dès le jour un. »

« Les crédits sont trop généreux pour être ignorés » : conseils pratiques du panel

La séance s’est conclue avec chaque panéliste partageant un conseil aux fondateurs de studios de jeux de l’Ontario. Voici quelques phrases à retenir :

Alex Hayter, CMO, Torn Banner : « Considérez ces crédits d’impôt comme un pilier fondamental de votre stratégie financière, pas comme une réflexion après coup. Il y a très peu de certitudes dans le contexte actuel. Avoir ce pilier de stabilité pour planifier, c’est une chance. »

Steph Sandercock, directrice des finances, Torn Banner : « La différence entre un studio qui lance un jeu puis ferme, et celui qui dure 10 ans et sort cinq titres, c’est qu’il a pris ses finances au sérieux. Investissez tôt dans la littératie financière. »

Mat Rutishauser, Boast : « Vous n’êtes pas seuls. Les crédits d’impôt et subventions prouvent que le gouvernement — que l’Ontario — vous soutient et veut votre succès. Si vous vous sentez dépassé, contactez-nous. »

Carlos Coelho, Boast : « Il suffit de 30 minutes pour s’asseoir avec quelqu’un et comprendre votre situation. L’ARC considère la RS&DE comme un droit; si vous avez pris des risques, vous avez le droit de présenter une demande. Passez à l’action. Informez-vous. Une fois lancé, quelqu’un d’autre peut prendre le relais. »

Ellis Yuan, Uken Games : « Continuez à bâtir des relations, même sans nouveau projet en cours. C’est autant une question de qui vous connaissez que de ce que vous savez. »

Questions fréquentes posées en direct

Oui, au taux de 35 % pour les produits spécifiés. L’OIDMTC n’est pas réservé aux studios qui détiennent leur propriété intellectuelle.

Certains volets de l’OIDMTC ont une fenêtre de 36 mois liée à la fin du produit, mais d’autres fonctionnent sur une base annuelle et ne requièrent pas de produit terminé. Selon Mat : « Il devrait y avoir une façon de réclamer l’OIDMTC pour vous. Il faut juste creuser ensemble. »

Non. Vous choisissez un volet lors de la soumission. Ontario Créatif le signalera si vous soumettez plus d’une demande pour le même projet.

Selon Carlos : environ 8 à 10 heures de travail de l’équipe du studio sur toute l’année — soit à peu près une à deux heures par trimestre. La plateforme de Boast se connecte à vos outils de suivi de projets existants (Jira, GitHub, systèmes de paie) pour extraire automatiquement les données. Ainsi, votre studio ne refait pas le travail déjà accompli pour gérer ses opérations.

L’ancien crédit bonifié de 5 % pour les studios opérant à plus de 200 km du Grand Toronto n’est plus offert. Mat a toutefois mentionné que des discussions sont en cours pour le réévaluer.

Pourquoi ça vaut une heure de votre temps

Depuis 2011, Boast a aidé plus de 2 000 entreprises à travers l’Amérique du Nord à récupérer plus de 900 millions de dollars en crédits d’impôt RS&DE. Les studios présents à ce webinaire (Torn Banner, 105 employés, créateurs de Chivalry 2 et No More Room in Hell 2; Uken Games, avec un portefeuille de jeux mobiles joués par des millions de personnes dans le monde) prouvent que les programmes de l’Ontario fonctionnent et que bien les réclamer, c’est un avantage concurrentiel.

L’enregistrement complet couvre tous ces sujets en détail, incluant la période de questions en direct, la discussion sur la stratégie de cumul des crédits et la conversation avec l’équipe de Torn Banner sur la croissance d’un studio dans le contexte actuel en Ontario.

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Boast est une solution nord-américaine de crédits d’impôt RS&DE qui combine expertise technique et fiscale interne avec une technologie conçue sur mesure. Notre objectif : vous aider à maximiser vos réclamations tout en réduisant le temps requis. Depuis 2011, Boast a sécurisé plus de 900 M$ en crédits d’impôt RS&DE pour plus de 2 000 entreprises au Canada et aux États-Unis.