Selon les plus récentes données, l’industrie canadienne du jeu vidéo regroupe 821 studios et 34 010 emplois, tout en générant 5,1 milliards de dollars pour l’économie nationale chaque année. Ce secteur est donc un moteur clé de l’écosystème canadien des médias numériques.
Malgré ces chiffres impressionnants, l’industrie du jeu vidéo au Canada a connu son lot de défis récemment. Ici comme ailleurs, le secteur a subi une contraction importante après la pandémie, entraînant une vague de fusions et d’acquisitions qui a absorbé de nombreux studios indépendants.
On observe aussi un changement de fond dans les préférences des consommateurs, qui a à la fois profité et nui aux entreprises canadiennes du jeu vidéo. De plus en plus de joueurs surveillent leurs dépenses et préfèrent acheter moins de nouveaux titres à plein prix, optant pour des classiques ou des blockbusters au détriment des nouveautés de studios émergents. Par ailleurs, la montée en popularité des jeux-service (GaaS) et des titres en streaming comme Fortnite fait en sorte que ces expériences « fermées » monopolisent l’attention des joueurs potentiels lors de la sortie de nouveaux jeux.
Malgré tout, les revenus de l’industrie du jeu vidéo n’ont jamais été aussi élevés, atteignant 522,5 milliards $ US en 2025. Encore mieux pour les studios d’ici : le Canada souhaite conserver une part croissante de ces revenus sur son territoire.
C’est là que les crédits d’impôt à la R-D entrent en jeu. Au fédéral comme au provincial, ils offrent aux studios des occasions majeures de récupérer des coûts et de prolonger leur capacité d’innovation, sans alourdir leur budget. Si vous êtes CFO, CTO ou fondateur d’un studio de jeux vidéo canadien, deux programmes devraient figurer en tête de votre stratégie de financement : le programme fédéral de crédits d’impôt RS&DE et les crédits provinciaux pour les médias numériques interactifs (CTMMI).
En combinant ces programmes, vous pouvez récupérer une part importante de votre masse salariale de développement, en argent comptant, sans céder d’équité ni de contrôle. Voici comment ils fonctionnent et où ils sont les plus avantageux au pays.
Pourquoi le développement de jeux est admissible à la RS&DE
La RS&DE est le principal crédit d’impôt fédéral à la R-D au Canada. On croit souvent, à tort, qu’il ne s’applique qu’aux laboratoires ou aux entreprises de matériel informatique. En pratique, une grande partie du travail quotidien de développement de jeux est admissible.
Les activités admissibles à la RS&DE pour les studios incluent souvent :
- Optimisation du taux de rafraîchissement et des performances
- Systèmes de physique et de simulation (fumée, fluides, tissus, éclairage)
- Synchronisation des états multijoueur et du netcode
- Défis liés au portage multiplateforme et mobile
- Gestion de la mémoire et contraintes au niveau du moteur
Quelques idées reçues empêchent encore des studios de réclamer ce qui leur revient. Les tests d’assurance qualité liés à un projet admissible peuvent être inclus. Le temps de supervision et la documentation de projet aussi. Même les projets abandonnés ou non complétés peuvent donner droit à un crédit, car l’incertitude technologique résolue en cours de route constitue souvent la meilleure preuve de travail admissible.
En somme, vous n’avez pas besoin d’un département de R-D officiel : tout travail visant à surmonter un obstacle technologique qui ne peut être résolu avec des connaissances publiques est admissible, même si votre équipe ne l’appelle pas « R-D » à l’interne.
Avec les améliorations RS&DE 2026 (projet de loi C-15, sanction royale le 26 mars 2026), les sociétés privées sous contrôle canadien admissibles peuvent maintenant réclamer jusqu’à 2,1 millions de dollars en crédits remboursables par année, sur une limite de dépenses doublée à 6 millions de dollars, avec le retour de l’admissibilité des dépenses en capital et un accès élargi pour les sociétés publiques admissibles.
Là où la RS&DE atteint ses limites, le CTMMI prend le relais
La RS&DE rembourse le travail technique admissible après coup, mais ne finance pas le tout premier prototype d’un studio et exclut généralement la conception UI/UX, le marketing et d’autres coûts de production non techniques. C’est là que les crédits d’impôt provinciaux pour les médias numériques interactifs entrent en jeu. Les programmes CTMMI sont conçus spécifiquement pour les produits interactifs comme les jeux vidéo et peuvent être réclamés en parallèle de la RS&DE fédérale, sur des portions différentes d’un même projet. Cela offre aux studios une deuxième couche de financement complémentaire.
Trois provinces regroupent 83 % des studios de jeux vidéo canadiens et 95 % des emplois du secteur : l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique. Chacune a son propre programme, avec des taux et des règles distincts.
Colombie-Britannique : 25 %, maintenant permanent
Le CTMMI de la C.-B. offre désormais un crédit remboursable de 25 % sur les salaires et traitements admissibles en C.-B., en hausse par rapport à 17,5 %, pour les salaires engagés après le 31 août 2025. La province a aussi rendu le programme permanent, retirant la date d’expiration de 2028. Les studios doivent avoir au moins 100 000 $ en salaires admissibles en C.-B. pour y avoir droit, sans plafond supérieur sur la portion salariale. À noter pour les studios de la C.-B. : vous ne pouvez pas réclamer le crédit provincial RS&DE de la C.-B. et le CTMMI la même année fiscale, mais la RS&DE fédérale est entièrement cumulable avec le CTMMI.
Ontario : 40 % pour la PI propriétaire, 35 % pour les services à forfait
L’OIDMTC de l’Ontario est l’un des crédits médias numériques les plus généreux au pays. Les studios qui développent et commercialisent leur propre PI peuvent récupérer 40 % des salaires admissibles en Ontario, plus jusqu’à 100 000 $ pour le marketing et la distribution. Les studios qui font du développement à forfait ou en sous-traitance peuvent réclamer 35 % sur la portion salariale seulement.
La plupart des demandeurs doivent respecter la « règle 80/25 » de l’Ontario : au moins 80 % de la main-d’œuvre de développement doit être composée de résidents de l’Ontario, et au moins 25 % doit provenir des employés de la société elle-même plutôt que de sous-traitants. Les sociétés spécialisées en jeux numériques qui atteignent certains seuils minimaux de main-d’œuvre et de masse salariale en Ontario sont exemptées de cette règle et peuvent déposer des demandes annuelles plus facilement.
Québec : jusqu’à 37,5 % grâce au crédit pour titres multimédias
Les studios de jeux vidéo québécois réclament généralement le crédit d’impôt pour la production de titres multimédias, administré par Investissement Québec, plutôt que le crédit provincial pour les services informatiques. Ce crédit peut atteindre jusqu’à 37,5 % des dépenses salariales admissibles (combinant des volets remboursables et non remboursables), et il s’applique aux jeux vidéo, logiciels éducatifs interactifs et autres titres numériques connexes. Les studios doivent obtenir un certificat d’admissibilité initial, puis un certificat annuel pour le réclamer.
Le Québec accueille aussi la plus grande part de la main-d’œuvre canadienne du jeu vidéo, soit 45 % des ETP du secteur, concentrés autour des grands studios de Montréal et d’un vaste réseau de fournisseurs.
Cumuler les programmes : un exemple simple
Un studio ontarien de taille moyenne, avec 1,5 million de dollars en salaires admissibles en Ontario pour le développement de sa propre PI, pourrait obtenir :
- OIDMTC : 1,5 M$ × 40 % = 600 000 $
- RS&DE fédérale sur la portion technique de ces mêmes salaires (après déduction du montant OIDMTC réclamé) : un crédit supplémentaire à six chiffres, selon le bassin de dépenses de la SPCC et la proportion admissible de travail technique
Le calcul exact dépend de la répartition entre le travail technique (admissible à la RS&DE) et non technique (UI/UX, marketing, contenu), d’où l’importance d’une bonne stratégie de réclamation autant que de l’admissibilité elle-même.
Ce que ça signifie pour votre studio
L’industrie canadienne du jeu vidéo se consolide, elle ne rétrécit pas : les salaires moyens ont augmenté de 21 % depuis 2021, même si le nombre total de studios a légèrement diminué. Le financement gouvernemental est l’un des rares leviers que les studios de toute taille peuvent actionner sans diluer leur propriété. Et pour un secteur où 88 % des revenus proviennent de l’exportation, chaque dollar non dilutif allonge la marge de manœuvre face à la concurrence mondiale.
Les studios qui tirent le meilleur parti de ces programmes voient la RS&DE et le CTMMI comme une stratégie continue et intégrée, et non comme une simple formalité annuelle : ils suivent le travail technique admissible tout au long du développement, le documentent en temps réel et coordonnent leurs demandes entre les programmes fédéraux et provinciaux pour ne rien omettre ni comptabiliser en double.
Comment Boast vous aide
Depuis 2011, Boast a aidé plus de 2 000 entreprises à travers l’Amérique du Nord à obtenir plus de 900 millions $ en crédits d’impôt à la R-D, selon le rapport de référence 2026 sur les crédits d’impôt à la R-D de Boast. Boast combine une expertise interne en RS&DE et CTMMI avec une solution technologique qui suit les activités admissibles toute l’année, appuyée par un engagement de défense à 100 % en cas de vérification.
Si votre studio est actif en C.-B., en Ontario ou au Québec, notre équipe peut vous aider à relier votre travail technique à la RS&DE et à ajouter le bon crédit provincial CTMMI ou multimédia en complément.
Prêt à découvrir ce que votre studio pourrait réclamer? Discutez avec un spécialiste des crédits d’impôt à la R-D de Boast dès aujourd’hui.