Le deuxième trimestre de 2025 a mis en lumière deux réalités bien distinctes pour le capital de risque : l’intelligence artificielle (IA) poursuit sa croissance fulgurante, alors que les secteurs traditionnels font face à des vents contraires.

Selon les dernières données de PitchBook et Crunchbase, les startups en IA ont capté 53 % de tous les investissements mondiaux en capital de risque durant la première moitié de 2025, et cette proportion grimpe à 64 % aux États-Unis. À l’échelle mondiale, le financement en capital de risque a atteint 91 milliards de dollars au T2 2025, comparativement à 82 milliards de dollars au T2 2024, ce qui indique une reprise fortement axée sur l’infrastructure et les applications en IA.

Pour les fondateurs, startups et entreprises en forte croissance œuvrant dans des secteurs axés sur la R-D au Canada et aux États-Unis, ces tendances représentent à la fois des occasions à saisir et des défis qui exigent une adaptation stratégique de la planification du capital.

Une concentration du capital à des niveaux historiques

Le paysage du capital de risque est de plus en plus polarisé : près du tiers des investissements du T2 ont été attribués à seulement 16 entreprises ayant levé des rondes de financement de 500 millions de dollars ou plus. Cette concentration est sans précédent dans l’histoire récente du capital de risque, les méga-transactions dominant le marché à un niveau jamais vu, même au sommet de la bulle technologique.

La ronde de financement de 14,3 milliards de dollars de Scale AI au T2 illustre parfaitement cette tendance, représentant l’une des plus importantes jamais enregistrées. De telles levées massives redéfinissent la concurrence : les entreprises qui accèdent à ce niveau de capital bénéficient d’un avantage considérable, tandis que les startups innovantes qui dépendent de voies de financement plus traditionnelles risquent d’être désavantagées.

Les répercussions pour les entreprises axées sur la R-D sont majeures. Seulement 12 sociétés de capital de risque américaines ont levé plus de 50 % de la valeur totale du capital au premier semestre de 2025, et les 30 principales ont recueilli 74 % de tous les fonds. Cette concentration signifie que l’accès au capital de risque dépend de plus en plus des liens avec les firmes d’élite, ce qui rend les stratégies de financement alternatives plus cruciales que jamais.

L’essor de l’IA crée des déséquilibres sectoriels

Alors que les entreprises en IA continuent d’attirer des investissements records, le financement dans d’autres secteurs innovants demeure inégal. Les transactions en IA ont légèrement ralenti au T2 2025 après un premier trimestre exceptionnel, mais l’activité reste historiquement élevée : les plateformes horizontales captent la majorité du capital, tandis que les applications verticales génèrent le volume de transactions.

Les startups en IA et en apprentissage automatique accaparent 38,4 % des 30 milliards de dollars de financement par dette de capital de risque aux États-Unis et en Europe jusqu’à présent cette année, preuve que l’essor de l’IA dépasse le financement par actions traditionnel. Cette tendance s’explique par les coûts d’infrastructure importants liés au développement de l’IA, notamment pour l’accès à la puissance de calcul et à l’acquisition de GPU.

Pour les entreprises hors IA, surtout dans des secteurs classiques de R-D comme la fabrication de pointe, les technologies propres ou la biotechnologie, il faut naviguer dans le paysage de financement de façon plus stratégique. À titre d’exemple, le financement mondial en cybersécurité a bondi à 4,9 milliards de dollars au T2, portant le total du premier semestre à son plus haut niveau en trois ans — preuve que certains secteurs hors IA peuvent encore attirer des investissements majeurs lorsqu’ils démontrent une valeur claire.

Occasions et défis selon la région

La concentration du financement ne se limite pas aux secteurs : elle est aussi géographique. Les États-Unis dominent toujours l’investissement en IA, mais le capital de risque en Amérique latine a progressé de 13 % d’un trimestre à l’autre et de 16 % sur un an, notamment grâce à un essor des investissements au Mexique. Cette diversification géographique ouvre la porte à des entreprises prêtes à explorer de nouveaux marchés pour leur expansion ou des partenariats.

Pour les entreprises canadiennes, le contexte présente à la fois des défis et des occasions. La concentration des fonds IA aux États-Unis accentue la concurrence, mais elle crée aussi des occasions pour les entreprises canadiennes dotées d’une forte composante IA d’accéder à du financement transfrontalier. L’essentiel est de positionner vos innovations en R-D dans le grand récit de l’IA, tout en gardant le cap sur vos priorités d’affaires.

Valorisations en hausse et dynamiques de marché

La valorisation médiane avant financement des entreprises en IA a atteint 25 millions de dollars en 2025, contre 15 millions de dollars en 2024, ce qui reflète la vive concurrence entre investisseurs pour miser sur les projets IA prometteurs. Toutefois, cette inflation des valorisations pose un défi : les entreprises doivent générer une croissance exceptionnelle pour justifier ces valorisations.

Les valorisations des entreprises en forte croissance ont atteint de nouveaux sommets, en hausse de 228 % sur un an, signe d’une compétition féroce pour soutenir les leaders prêts à la mise à l’échelle. Pour les entreprises axées sur la R-D, il est essentiel de démontrer clairement leur potentiel de croissance et d’expansion pour attirer l’attention des investisseurs.

Conséquences stratégiques pour les entreprises axées sur la R-D

Le contexte actuel exige des entreprises en R-D qu’elles adoptent des stratégies de financement plus sophistiquées. Les nouveaux gestionnaires de fonds n’ont levé que 1,8 milliard $ en 2025, alors que les fonds établis captent la majorité du capital disponible. Résultat : il faut diversifier vos sources de financement au-delà du capital de risque traditionnel.

Les fusions et acquisitions de startups sont en hausse, totalisant 7,2 milliards $ pour 172 sorties au T2 en Europe — preuve que les acquisitions stratégiques demeurent une avenue intéressante pour les entreprises dotées de plateformes technologiques solides. Pour les entreprises innovantes, se positionner en vue d’une acquisition stratégique pourrait devenir un choix de plus en plus pertinent.

L’importance du financement non dilutif

Dans un marché du capital de risque aussi concentré, les entreprises innovantes doivent explorer d’autres mécanismes de financement pour soutenir leurs efforts en R-D. Les crédits d’impôt à la R-D gouvernementaux représentent une source de capital non dilutif particulièrement intéressante, qui peut prolonger considérablement votre horizon de développement et accélérer vos projets.

Ces crédits vous permettent de récupérer une part importante de vos dépenses en R-D, ce qui réduit concrètement le coût de l’innovation tout en préservant l’équité des fondateurs et des premiers investisseurs.

De la même façon, les États-Unis proposent divers incitatifs à la R-D, tant au niveau fédéral qu’étatique, qui peuvent générer des capitaux importants pour les activités admissibles. Le crédit d’impôt pour la recherche et le développement permet de réclamer des crédits pour les dépenses admissibles, comme les salaires, les fournitures et la sous-traitance en recherche.

Pour les entreprises actives des deux côtés de la frontière, combiner les incitatifs canadiens et américains à la R-D peut créer des synergies de financement puissantes qui complètent le capital de risque traditionnel. Cette approche devient particulièrement avantageuse dans le contexte actuel, où la concentration du capital de risque rend les voies classiques plus difficiles à emprunter.

Optimiser votre stratégie de financement dans le contexte actuel

Les données démontrent que les entreprises qui réussiront aujourd’hui seront celles qui misent sur une stratégie de financement diversifiée, combinant capital de risque traditionnel et sources alternatives. Les crédits d’impôt à la R-D constituent une base solide pour réduire vos besoins globaux en capital, prolonger vos délais de développement et limiter la dilution.

Pour les entreprises qui intègrent l’IA, positionner votre technologie dans le contexte plus large de l’intelligence artificielle peut faciliter l’accès au capital de risque — même si l’IA n’est pas au cœur de vos activités. Cela dit, il est important de garder des attentes réalistes quant à la valorisation et de se préparer à une analyse plus rigoureuse des indicateurs de croissance et du potentiel de mise à l’échelle.

Les jeunes pousses en IA ont attiré 53 % de tous les dollars de capital de risque à l’échelle mondiale au premier semestre 2025, et cette proportion grimpe à 64 % aux États-Unis. C’est un bond impressionnant comparativement à seulement 28 % au premier trimestre 2024, ce qui démontre à quel point l’IA domine désormais le paysage du financement.

Cette concentration rend l’accès au capital de risque traditionnel beaucoup plus compétitif pour la majorité des jeunes entreprises.

Oui, mais il faut naviguer de façon plus stratégique. Le financement mondial du capital de risque en cybersécurité a bondi à 4,9 milliards $ au deuxième trimestre, et les fusions-acquisitions de jeunes entreprises ont généré 7,2 milliards $ à travers 172 sorties rien qu’en Europe. Si vous avez une plateforme technologique solide, envisagez aussi de vous positionner en vue d’une acquisition stratégique, une voie de croissance viable.

Les entreprises qui réussissent misent sur des stratégies de financement diversifiées, combinant capital de risque traditionnel et sources alternatives. Les crédits d’impôt pour la R-D peuvent vous permettre de récupérer entre 30 % et 70 % de vos coûts d’innovation, ce qui réduit vos besoins en capital, prolonge vos horizons de développement et protège la part des fondateurs.

Le délai médian pour lever un fonds de capital de risque a atteint un sommet de 15,3 mois en 2025, et les gestionnaires de fonds de première génération n’ont amassé que 1,8 milliard $ au total au premier semestre. De plus, la valorisation médiane avant investissement pour les entreprises en IA est passée à 25 millions $, contre 15 millions $ en 2024, ce qui accentue la pression sur la performance et la croissance dans tous les secteurs.