Pour une deuxième année consécutive, GE a sondé des dirigeants de 22 pays, tant des marchés développés qu’émergents, afin d’analyser leur perception des occasions et des défis liés à l’innovation.
Le Milken Institute, qui a préparé les fiches de rendement en innovation à partir des données du sondage GE, affirme : « Le Canada s’en tire très bien dans notre classement, se positionnant parmi les pays de tête pour six des sept indicateurs… La performance du Canada en matière d’innovation est demeurée assez stable au cours des cinq dernières années. »
En tant que principal partenaire commercial des États-Unis, le Canada a été durement touché par la récession; plusieurs grands manufacturiers ont dû procéder à d’importantes mises à pied. Toutefois, l’économie s’est en partie redressée et les investissements en innovation ont progressé. Ce constat contraste avec ce qu’on entend souvent dans les médias. Plusieurs grands médias comme The Globe and Mail ou The Toronto Star ont tendance à critiquer sévèrement la performance du Canada en innovation. Certaines récentes publications, tant du gouvernement fédéral (sous la direction de Harper) que des médias, laissent entendre que le Canada est absent du jeu mondial de l’innovation.
Voici donc un portrait plus réaliste de la situation au Canada, fondé sur les sept principaux indicateurs d’innovation établis par le Milken Institute à partir des données du sondage GE :
Collaboration université-industrie en R-D
« Le Canada se démarque en matière de collaboration entre les universités et l’industrie, devançant la plupart des autres pays. »
Transactions en capital de risque
« Le nombre de transactions en capital de risque place le Canada parmi les chefs de file mondiaux. Même si l’industrie canadienne du capital de risque est modeste comparativement au marché américain, le Canada profite de sa proximité avec les États-Unis, puisque de nombreuses firmes américaines investissent dans des entreprises canadiennes… 73 % des répondants affirment que les investisseurs privés soutiennent les entreprises en quête de financement. »
Dépenses brutes en R-D
« Le Canada figure parmi les meneurs mondiaux pour le niveau de dépenses en R-D. Toutefois, la DIRD représentait 1,8 % du PIB, ce qui demeure sous la moyenne de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). » Les données révèlent aussi que le financement privé de la R-D a diminué depuis 2004, alors que « la part de la DIRD financée par les gouvernements a augmenté pour compenser la baisse du secteur privé. »
Formation en STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques)
« Les solides programmes de formation en STIM du Canada le placent dans le peloton de tête mondial, même s’il accuse un léger retard sur les pays les plus axés sur l’innovation. Un peu plus de 20 % des étudiants canadiens obtiennent un diplôme dans ces domaines… » Ces chiffres sont encourageants, d’autant plus que la tendance est à la hausse. « Si cette progression se maintient, le Canada sera bien positionné pour tirer profit de son avantage en innovation. »
Climat d’affaires
Le Canada se distingue dans ce domaine grâce aux récentes réformes du gouvernement fédéral (merci à M. Harper). « Notamment, le taux d’imposition global a diminué pour atteindre 28,8 %. De plus, il ne faut qu’une seule démarche et cinq jours pour démarrer une nouvelle entreprise au Canada. »
Brevets d’utilité
« Le Canada se classe très bien à l’échelle mondiale pour la création de brevets d’utilité, même s’il n’est pas parmi les meneurs de l’OCDE. » Bref, la performance est bonne, mais il y a place à l’amélioration. « Près de 30 % des brevets ont été développés avec des co-inventeurs étrangers. »
Exportations de haute technologie
« Le Canada fait mieux que la moyenne pour les exportations de haute technologie… » Toutefois, c’est le seul indicateur où le Canada n’est pas un chef de file. Selon moi, c’est ce qui explique la récente révision du programme de crédits d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE). Cet indicateur démontre que, même si le Canada innove, il existe un écart entre la R-D et la commercialisation des innovations. Le gouvernement envisage de modifier les programmes de financement de la R-D (RS&DE et autres programmes indirects) pour accorder plus de poids au financement direct, donc plus ciblé. Certains avancent que le gouvernement souhaite « choisir les gagnants », à la manière du modèle du capital de risque.
Le Milken Institute conclut en saluant la performance du Canada dans le sondage sur l’innovation. Les résultats appuient cet éloge : « 84 % des répondants canadiens estiment que le gouvernement utilise efficacement ses ressources pour soutenir la recherche et l’innovation. » C’est une excellente nouvelle pour le Canada et, à première vue, pour les gouvernements fédéral et provinciaux. Toutefois, le diable est dans les détails. Le Milken Institute précise que, pour que le Canada continue de progresser, « il devra réformer et simplifier ses initiatives et incitatifs à l’innovation. Actuellement, les incitatifs indirects (sous forme de crédits d’impôt) dépassent largement les incitatifs directs, une proportion qui pourrait devoir être revue. De plus, il existe trop de programmes d’innovation, tant au fédéral qu’au provincial, dont plusieurs se chevauchent ou sont trop petits pour être efficaces. » C’est un constat difficile pour l’administration des programmes d’incitatifs gouvernementaux (y compris la RS&DE, qui représente à elle seule environ 50 % de tout le financement public à l’innovation). Apparemment, « 45 % des répondants estiment que le soutien gouvernemental à l’innovation est bien organisé… » Cette question de gestion, jumelée à l’équilibre entre financement direct et indirect, est actuellement à l’étude par le gouvernement Harper. M. Harper a évoqué ces changements à venir, de façon très générale, lors du Forum économique mondial de 2012 à Davos, en Suisse. Il a promis de donner suite au rapport Jenkins « sous peu ». Il ne fait aucun doute que des modifications au programme RS&DE et au financement public de l’innovation seront au menu du budget fédéral de 2012. Espérons que ces ajustements permettront au Canada de renforcer sa position d’innovateur sur la scène mondiale, tout en misant sur ses atouts actuels.
Quelques autres statistiques intéressantes du sondage GE sur l’innovation :
[list list_style="grayDot"]- Huit dirigeants sur dix estiment que les PME peuvent être aussi innovantes que les grandes entreprises
- 68 % estiment que les entreprises prennent moins de risques.
- 33 % des dirigeants jugent que les lois sur la propriété intellectuelle dans leur pays ne favorisent pas l’innovation.
- Près de 9 dirigeants sur 10 croient que l’innovation repose sur les partenariats, et non sur le succès individuel.
- 92 % s’entendent pour dire que l’innovation est le principal levier pour rendre l’économie plus compétitive.
- 74 % croient que l’innovation doit être adaptée localement.
- 80 % sont d’avis que les entreprises du 21e siècle innoveront de façon complètement différente.
Dans l’ensemble, le sondage GE sur l’innovation positionne le Canada comme un leader solide en innovation. Il existe un écart important entre la réalité de l’innovation canadienne et la façon dont elle est présentée dans les médias. Le financement public de la R-D au Canada n’est pas parfait, surtout avec les incertitudes entourant la RS&DE, mais l’innovation canadienne se porte bien. Pour maintenir ce succès, il est essentiel que le soutien gouvernemental se poursuive.
Pour éliminer les incertitudes et maximiser vos chances d’obtenir du financement public, informez-vous sur les différents programmes disponibles et entourez-vous d’experts chevronnés.
Pour consulter les données du sondage GE sur l’innovation et l’analyse du Milken Institute, suivez ce lien :
https://www.ge.com/innovationbarometer/scorecard