Les entreprises menées par des femmes transforment le monde depuis des générations : d’Estée Lauder, qui a révolutionné l’industrie des cosmétiques il y a un siècle, à Kiran Mazumdar-Shaw, qui a lancé Biocon dans son garage et l’a fait croître jusqu’à devenir la biopharma générant le plus de revenus de toute l’Inde.
Les entreprises dirigées par des femmes sont aussi d’excellents investissements : selon une étude de First Round Capital, les startups avec au moins une fondatrice surpassent les équipes fondatrices entièrement masculines de 63 %.
Par contre, des chercheurs de la Columbia Business School et de la London Business School ont découvert que les entreprises dirigées par des femmes ont 63 % moins de chances d’obtenir du financement en capital de risque (VC) que celles dirigées par des hommes.
On peut analyser ces chiffres de plusieurs façons, mais une chose ressort : à chaque étape du parcours entrepreneurial, les femmes reçoivent souvent moins de soutien pour concrétiser leurs idées innovantes. Même si elles génèrent de meilleurs rendements que leurs homologues masculins, les femmes ne représentaient que 14 % des fondatrices solo en 2021, et seulement 1,9 % de tout le financement VC.
Rassembler les fondatrices
Donner aux femmes un accès équitable au capital — et leur permettre de concrétiser leurs idées innovantes — demeure un défi de taille. Chez Boast, nous savons exactement comment accompagner les fondatrices ambitieuses à bâtir des stratégies de financement qui propulsent leur innovation et leur croissance.
Pour discuter des défis et des solutions, Aliya Amershi et Jessica Doody de Boast ont animé un panel #InnovatorsLive, partageant leur expérience de fondatrices et d’expertes en R-D pour parler de bâtir une entreprise sans dépendre du capital-risque.
En plus d’être gestionnaire de solutions techniques chez Boast, Aliya est ingénieure devenue entrepreneure et coach en démarrage technologique chez Codefree App Launch, une suite d’outils pour aider les entrepreneurs autofinancés à lancer leur application et à faire croître leur entreprise grâce au no-code et à l’IA.
Jessica, responsable de produit chez Boast et coach en démarrage avec Platform Calgary, n’a pas de formation technique à la base, mais elle a fait sa place dans le secteur techno en lançant plusieurs entreprises, après avoir constaté l’impact des solutions SaaS sur la façon dont les PME se développent et opèrent.
Dans leur discussion, Aliya et Jessica expliquent comment les fondatrices peuvent retarder le besoin d’investissement externe, générer de la traction rapidement et augmenter leurs chances d’obtenir du financement au bon moment.
« Beaucoup de femmes pensent avoir besoin d’investisseurs simplement parce qu’on leur a dit que c’est la voie à suivre. Mais dans l’économie actuelle, il y a très peu d’investissements en démarrage, point final. Il faut donc sortir des sentiers battus pour trouver du financement », explique Aliya. De plus, plus vous repoussez l’arrivée d’investisseurs, plus vous gardez une grande part du gâteau à la fin.
Pour aider les fondatrices à y arriver, Aliya recommande l’approche Triple Menace, qui met l’accent sur les Affaires, la Technologie et l’État d’esprit.
Affaires : La technologie n’est pas toujours la solution
« Souvent, les fondatrices confondent leur technologie avec leur solution, alors que ce sont deux choses bien distinctes dans le contexte d’une startup », explique Aliya. En pratique, la technologie n’est qu’un moyen de livrer, d’améliorer et de faire évoluer la solution que vous souhaitez offrir.
Dans cette optique, la solution (ou le produit) se définit vraiment comme la façon dont vous réglez un problème douloureux. Pour bien distinguer la solution de la technologie, commencez par clarifier votre proposition de valeur, c’est-à-dire :
- Qui sont vos clients cibles idéaux ?
- Quel est le problème majeur que vous cherchez à résoudre pour eux ?
- Avec cette information, quelle est votre solution unique ?
- Quels sont les principaux avantages pour vos clients ?
- Qu’est-ce qui distingue votre solution de ce qui existe déjà sur le marché ?
Mais pour comprendre tout ça, il faut d’abord parler à vos clients. Comme le souligne Aliya, « vous n’êtes pas obligée de décrocher le téléphone pour faire du démarchage à froid — mais vous pouvez le faire si ça vous tente ! »
Les médias sociaux, par exemple, sont souvent le moyen le plus rapide d’atteindre des clients potentiels, de bâtir des relations et de comprendre leurs besoins urgents, sans jamais avoir à présenter ou vendre votre idée ou produit.
« On ne demande pas quelqu’un en mariage au premier rendez-vous », ajoute Aliya. « Parlez-leur de votre mission, prenez le temps de comprendre leurs enjeux — c’est comme ça qu’on bâtit une relation client gagnant-gagnant. »
Jessica partage ce point de vue : chaque semaine, en tant que coach, elle constate que « la découverte client, c’est la clé avant tout le reste ». Vous devriez parler à vos clients — et futurs clients — dès le jour un.
« Ça vous permet de bien cerner la valeur que votre solution doit livrer, et de valider que vous travaillez sur la bonne chose avant d’investir dans un développement complet », ajoute Jessica.
Technologie : N’attendez pas la perfection dès le lancement
Aliya et Jessica constatent souvent que les fondatrices croient devoir bâtir un produit sophistiqué, avec tous les mots à la mode (IA, blockchain, etc.), et qu’il doit être parfait dès le départ.
C’est faux, insiste Aliya. Les startups doivent d’abord créer un produit minimum viable (MVP) — selon la méthodologie LEAN — avant de viser un produit « fini », qui n’existe jamais vraiment.
« L’objectif, c’est d’apprendre le plus possible sur vos clients avec le moins d’effort possible. Aujourd’hui, avec le no-code et l’IA, il n’a jamais été aussi facile de lancer une première version — votre MVP — rapidement sur le marché », explique Aliya.
Des solutions comme Bubble ou Glide existent, et même un simple Zapier jumelé à Google Sheets peut suffire pour bâtir un répertoire. Souvent, il s’agit d’assembler des outils pour créer un produit « Frankenstein » au départ — ce qui est amplement suffisant au début, tant que ça règle un vrai problème.
Dès que les fondatrices commencent à générer des revenus avec ce produit « Frankenstein », elles peuvent autofinancer leur entreprise grâce aux revenus clients, plutôt que de dépendre uniquement des investisseurs. Cela retarde le besoin de fonds externes et permet de valider l’idée. Si des clients paient pour votre solution, c’est la meilleure preuve que vous tenez quelque chose et que vous vous rapprochez de l’adéquation produit-marché.
C’est à cette étape que les fondatrices peuvent embaucher ou investir dans le développement d’un produit innovant en R-D, basé sur les apprentissages tirés de leur MVP. C’est exactement à ce moment qu’il est judicieux de contacter Boast et nos experts SRED pour récupérer une partie de ces coûts de R-D.
« Lorsque vous parvenez à obtenir de la traction et mettre en valeur votre innovation en R-D, ce sont les investisseurs qui viendront à vous, et non l’inverse », affirme Aliya.
Un MVP en action : Birdie Break
Comme l’explique Jessica, elle a vu cette stratégie fonctionner. Birdie Break, une plateforme de gardiennage, a été bâtie ainsi : les fondatrices ont assemblé une solution de place de marché à l’aide de divers outils pour régler les principaux irritants de leur clientèle cible.
Quand la plateforme a été lancée, les clients de Birdie Break ne se doutaient pas qu’elle n’était pas entièrement automatisée, car elle répondait parfaitement à leurs besoins. Les fondatrices ont ainsi pu attirer assez d’utilisateurs actifs pour générer des revenus. Avec ces revenus, elles ont pu confier le développement technique à une équipe spécialisée. Au moment de chercher du financement, elles affichaient déjà un MRR (revenu mensuel récurrent) en croissance — un atout majeur pour séduire les investisseurs.
Assembler ce premier MVP pour offrir une vraie valeur au client — et valider le tout avant d’investir dans une version plus technique — peut prolonger votre marge de manœuvre financière, sans jamais sacrifier la satisfaction client.
État d’esprit : se connecter à un coach et à une communauté
Pour le troisième pilier de l’approche Triple Menace d’Aliya, elle et Jessica abordent deux aspects de l’état d’esprit qui freinent souvent les fondateurs et fondatrices, peu importe leur genre : nos propres pensées, et le manque de communauté.
Que ce soit la peur du rejet, le syndrome de l’imposteur ou la paralysie de la perfection, c’est souvent notre mental qui freine l’innovation. Aliya recommande d’investir dans un coach qui vous aidera à échouer rapidement et à apprendre de vos erreurs, tout en adoptant des pratiques quotidiennes pour entrer dans un « état de flow », comme la méditation ou la pleine conscience. L’important, c’est de miser sur le progrès, pas la perfection, pour dépasser vos peurs et croyances limitantes.
En plus de surmonter les blocages internes, la communauté a un impact énorme sur l’état d’esprit d’une fondatrice — surtout pour les femmes qui n’ont pas eu beaucoup de modèles féminins dans le milieu des affaires. Jessica est une grande promotrice des communautés et participe à plusieurs groupes en Alberta et partout au Canada qui offrent aux femmes des programmes abordables ou gratuits.
Ce que Jessica trouve le plus précieux dans ces communautés, c’est qu’elles permettent aux fondatrices de partager leurs idées et de bâtir leur confiance.
« C’est essentiel », explique Jessica, « parce que ça vous rend à l’aise de raconter votre histoire, de la présenter à des inconnus et de bâtir votre marque. Plus vous maîtrisez votre récit et le positionnement de votre produit, plus vous aurez de succès, car votre histoire influence tous les aspects de votre entreprise. »
Joignez-vous à la communauté Boast
Chez Boast, nous sommes fiers d’aider plus d’entreprises dirigées par des femmes à commercialiser leurs innovations et à profiter de financements non dilutifs en R-D pour prolonger leur marge de manœuvre financière. Mais nous sommes bien plus que des experts RS&DE et crédits d’impôt : nous sommes une communauté de fondateurs et fondatrices à part entière, avec des innovatrices de talent à tous les niveaux de l’organisation.
Pour voir cette communauté à l’œuvre, branchez-vous à notre panel #InnovatorsLive chaque vendredi à midi (HE)/9 h (HP) pour découvrir des stratégies incontournables pour les fondatrices de tous horizons : de la création d’une stratégie de financement à l’embauche (et la rétention) de talents technologiques clés.