Un sondage mené auprès de directeurs financiers (CFO) au printemps dernier a révélé que 81 % estiment que leur charge de travail quotidienne est plus élevée que celle des autres membres de la haute direction. Aujourd’hui, les CFO doivent superviser l’ensemble de l’organisation, de la gestion des risques informatiques à l’évaluation de nouvelles technologies, ce qui dépasse largement le cadre traditionnel des finances.

Si cette « surcharge de responsabilités » est souvent vue comme normale pour tout poste de direction, l’expansion du rôle du CFO semble dépasser celle des autres membres de la haute direction.

Cette réalité a été particulièrement mise en lumière lors de la récente fermeture de la Silicon Valley Bank (SVB), qui a fonctionné sans Chief Risk Officer (CRO) d’avril 2022 à janvier 2023. On ignore encore combien de ces responsabilités ont été transférées au CFO de SVB, Daniel Beck, au quotidien, mais Beck et le PDG Greg Becker ont tous deux été nommés dans un recours collectif pour ne pas avoir signalé les risques aux investisseurs avant la dissolution de la banque.

Bien sûr, il s’agit d’un cas très particulier — et les responsabilités d’un CFO dans une startup innovante diffèrent grandement de celles du chef des finances d’une grande institution de prêt.

Il existe toutefois des moyens pour les CFO de garder le contrôle sur cette « surcharge de responsabilités », même lorsque les marchés et la situation financière de l’entreprise mettent la pression.

Ne jamais sous-estimer les risques

Pour commencer, les dirigeants devraient voir la situation de SVB comme un exemple à ne pas suivre lorsqu’ils bâtissent leur équipe de direction. Il est essentiel de reconnaître que la gestion des risques — même si elle doit être partagée à certains niveaux — mérite un poste exécutif dédié.

Même si les entreprises en démarrage hésitent parfois à élargir leur équipe de direction par manque de ressources, un CRO pourrait en fait améliorer la crédibilité de votre entreprise auprès des investisseurs. Ce rôle sert aussi de pont essentiel entre les parties prenantes externes et les opérations internes.

Les organisations considérées comme « infrastructures essentielles », comme les institutions financières et les fournisseurs d’énergie, doivent absolument avoir un dirigeant responsable de la gestion des risques. L’adoption de la loi Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act en 2010 — sans parler du Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE — a élargi considérablement les exigences de conformité et de gestion des risques pour les organisations qui desservent les consommateurs. Résultat : les fournisseurs SaaS, surtout les grandes entreprises actives ici et à l’international, ont tout intérêt à nommer un CRO pour assurer le respect des lois et l’application des meilleures pratiques en matière de sécurité et de gestion des données.

Les responsabilités du CRO (ou du gestionnaire des risques au niveau exécutif) devraient inclure :

  • Créer et mettre en œuvre des « cartes de risques » et des plans d’action stratégiques pour atténuer les menaces principales (incluant les cybermenaces, la non-conformité réglementaire et une validation indépendante de la planification financière du CFO);
  • Partager les analyses de risques et les rapports d’avancement avec les dirigeants, le conseil d’administration et les employés;
  • Évaluer les risques opérationnels liés aux erreurs humaines ou aux défaillances de systèmes qui pourraient nuire aux activités;
  • Aider le CFO à effectuer la « vérification diligente » et l’évaluation des risques lors de transactions ou de fusions et acquisitions.

Les CFO doivent aussi sortir de leurs anciennes habitudes et adopter de nouveaux outils et solutions mieux adaptés à la réalité actuelle du travail. Plusieurs tendances majeures dans le secteur privé contribuent à redéfinir le rôle du CFO d’aujourd’hui.

L’effet de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a probablement été le principal moteur de l’évolution du rôle du CFO. Avec le télétravail, l’adoption de nouveaux outils et le développement de nouvelles compétences pour garder les entreprises à flot pendant les confinements, de nombreux CFO ont pris les commandes pour guider leur organisation à travers ces nouvelles réalités.

Selon les données de DataRails, 33 % des CFO ont été chargés de diriger l’implantation de nouvelles technologies pendant la pandémie, et un CFO sur cinq a augmenté la fréquence de ses prévisions ainsi que la taille de son équipe depuis mars 2020.

Pour donner un peu de contexte, l’adoption de solutions SaaS a bondi de plus de 62 % durant la première année de la pandémie. Que ce soit directement ou non, le CFO devait approuver les budgets d’exploitation qui ont permis l’intégration de ces outils dans l’infrastructure TI de l’entreprise. Même si les CFO ne prenaient pas ces décisions seuls, cette vague d’adoption du SaaS a représenté un changement majeur par rapport aux plans financiers établis avant la COVID-19.

Malgré l’essor du SaaS, plusieurs CFO demeurent attachés aux méthodes traditionnelles

Autre constat du sondage DataRails : malgré l’adoption de nombreuses nouvelles technologies, la majorité des tâches quotidiennes des CFO restent très manuelles.

Plus de 70 % des CFO sondés s’appuient encore uniquement sur Excel pour la budgétisation et les prévisions financières, alors que seulement 18 % se considèrent comme experts d’Excel, et à peine 30 % comme « avancés ».

Les chiffriers — et Excel en particulier — ont toujours été et resteront un outil clé pour les CFO. Mais sans automatisation ou solutions complémentaires (ou, à tout le moins, une formation avancée sur Excel), les CFO risquent de ralentir volontairement les processus de l’organisation. D’ailleurs, 47 % des CFO interrogés par DataRails estiment que leur dépendance aux processus manuels nuit à leur capacité de participer aux décisions stratégiques.

Cela se traduit non seulement par moins de temps en famille, mais aussi par une insatisfaction grandissante au travail. Près du tiers des CFO sondés avouent que « passer leur temps dans les chiffriers les ennuie ».

Plus de mobilité chez les CFO alors que les compétences recherchées évoluent

Entre 2020 et 2021, une étude de Russell Reynolds a révélé que le taux de départ à la retraite des dirigeants financiers est passé de 45 % à 52 %. On peut tirer de nombreuses conclusions de ces chiffres — les départs à la retraite ont augmenté partout au début de la pandémie, puis se sont stabilisés après le choc initial des confinements.

Mais, comme nous l’avons récemment souligné, la durée moyenne en poste des CFO diminue : selon un sondage de FTI Consulting, 59 % des CFO interrogés étaient restés moins de cinq ans dans la même entreprise en 2022.

Encore une fois, ce n’est pas forcément un problème pour les entreprises. C’est plutôt le signe que les dirigeants de tous les secteurs (et de toutes tailles) commencent à mieux cerner leurs besoins envers un CFO. Certaines équipes recherchent un CFO capable de renforcer la reddition de comptes, surtout si leur secteur exige une conformité complexe. D’autres, en forte croissance, privilégient un CFO ayant de l’expérience en négociation de transactions.

De plus en plus, les startups ont besoin de responsables financiers capables d’avoir une vision opérationnelle globale et de jouer un rôle clé dans les décisions stratégiques de chaque service. Cela aide les entreprises à disposer de la marge de manœuvre nécessaire pour faire face à la volatilité des marchés, aux nouvelles technologies et à une clientèle plus exigeante.

Obtenez une vue d’ensemble de vos opérations, pour la saison des impôts et au-delà

Chez Boast, notre mission est d’offrir aux entreprises innovantes l’accès à notre plateforme propulsée par l’IA et à notre expertise, afin qu’elles maximisent leurs demandes de crédits d’impôt R-D tout en ayant une vision claire de la façon dont chaque aspect de l’entreprise contribue aux résultats.

En comprenant — d’un seul coup d’œil — comment chaque employé contribue à la performance et à l’innovation de votre entreprise, vos équipes financières peuvent mieux cibler les pistes d’optimisation. Résultat : moins de temps perdu dans les chiffriers pour préparer une étude de crédit d’impôt R-D, et des données concrètes pour mieux communiquer et défendre vos stratégies auprès des décideurs.

Pour en savoir plus sur la façon dont les fondateurs peuvent profiter de solutions de financement non dilutives pour accélérer leur croissance, consultez notre plus récent billet de blogue : Financer votre startup avec des subventions gouvernementales.

Articles connexes

    • 7 janvier 2026

    Crédits d’impôt étatiques pour la R-D en biotechnologie : l’occasion méconnue que la plupart des entreprises en sciences de la vie laissent passer

    • 6 janvier 2026

    Modifications au crédit d’impôt R&D de l’IRS : ce que vous devez savoir en 2026

    • 29 décembre 2025

    Les entreprises américaines dominent la croissance mondiale des investissements en R et D alors que la concurrence s’intensifie