Lancer un nouveau produit ou une solution innovante demande bien plus qu’une bonne idée et du talent. Pour de nombreuses startups, le partenariat avec une firme de capital de risque (CR) est essentiel pour franchir les étapes clés et amener leur solution sur le marché.
C’est que les sociétés de capital de risque apportent non seulement leur expertise du marché, mais surtout l’accès au financement et au capital dont les fondateurs ont besoin pour propulser leur R-D et réaliser leur feuille de route du produit. En regroupant les fonds de plusieurs investisseurs, les firmes de CR financent des entreprises à fort potentiel de croissance en échange d’une participation dans l’entreprise.
C’est ce modèle d’échange qui fait du partenariat startup-CR une formule gagnante pour les deux parties. Par exemple, même si vous n’avez jamais dirigé d’entreprise, votre idée ou innovation peut bouleverser un marché. Un CR pourrait accepter de miser sur votre projet — et sur l’argent de ses partenaires — en échange d’une part des profits futurs.
Présenter votre projet de façon convaincante et démontrer clairement votre potentiel de marché, c’est donc la toute première étape pour attirer l’attention d’un CR. Même si chaque CR a ses spécialités sectorielles, ils évaluent généralement votre startup selon les critères suivants :
- Est-ce que les chiffres tiennent la route? (c.-à-d. : Votre produit a-t-il un vrai potentiel de croissance?)
- Votre équipe de direction est-elle solide? (c.-à-d. : Est-ce que la chimie opère au sein de votre équipe de gestion?)
- Votre produit ou service est-il unique? (c.-à-d. : Comblez-vous un besoin réel du marché ou réglez-vous un problème inédit?)
Même si ce n’est pas obligatoire, ces critères des CR ressemblent beaucoup à ceux du crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) au Canada et aux crédits d’impôt R-D (section 41 IRC) offerts aux États-Unis. Pour réclamer ces crédits, votre entreprise doit démontrer qu’elle effectue sa R-D selon les meilleures pratiques scientifiques, tout en s’attaquant à une incertitude technologique ou, idéalement, en visant une avancée technologique.
Résultat : avoir mené une étude RS&DE ou R-D concluante (et avoir profité de financement non dilutif accordé par le gouvernement) peut rendre votre entreprise encore plus attrayante aux yeux des investisseurs.
Voici les cinq étapes de financement en capital de risque auxquelles la plupart des startups peuvent s’attendre, ainsi que des conseils pour collaborer avec les investisseurs avant et après le cycle de vie du capital de risque.
Pré-amorçage :
Sources de financement :
- Vous-même ou les fondateurs de la startup
- Famille et amis
- Syndicat d’anges ou super anges
- Fonds de démarrage (capital de risque pré-amorçage)
- Financement participatif
- Préventes
La phase de pré-amorçage de votre entreprise correspond généralement à l’étape du prototype dans le développement de votre produit. À ce stade, vous explorez encore vos idées avec l’équipe fondatrice et commencez à tester l’adéquation produit-marché auprès de clients potentiels.
Durant la période de pré-amorçage, vous bâtissez surtout votre dossier pour les CR, tout en cherchant conseils auprès d’autres fondateurs ou entrepreneurs pour finaliser votre plan d’affaires et assembler un produit minimum viable (MVP). C’est souvent une période d’autofinancement, où vous mettez en place les bases nécessaires pour préparer votre dossier d’investissement — tout en réalisant des études fiscales de référence sur votre R-D pour réclamer du financement gouvernemental non dilutif.
Beaucoup de startups réussissent aussi à s’autofinancer (ou à « bootstraper ») grâce aux revenus générés par les préventes, ou en puisant dans l’épargne des fondateurs. Dans ce contexte, les fondateurs combinent souvent leurs propres revenus à d’autres sources de financement (subventions et crédits d’impôt non dilutifs, préventes), ce qui leur permet de diversifier leur soutien financier et de réduire les risques avant de passer à la prochaine étape de croissance.
Phase d’amorçage
Sources de financement :
- Vous-même ou les fondateurs de la startup
- Famille et amis
- Investisseurs providentiels (anges financiers)
- Tour d’amorçage CR
Pour passer à la phase d’amorçage — la première ronde officielle de financement CR — vous devez avoir démontré, par vos résultats, le potentiel de croissance de votre entreprise. Cela inclut, entre autres, un MVP ou une version bêta de votre produit, ainsi qu’un pitch solide qui présente vos jalons de croissance et le capital requis, afin de convaincre les investisseurs potentiels.
Même si votre entreprise gagne en maturité, les startups en amorçage cherchent encore du financement pour accélérer la recherche de marché, élargir l’équipe de direction et assurer la poursuite du développement produit.
À cette étape, il est important de viser haut dans vos objectifs de financement, car votre capacité à obtenir du capital démontre à vos investisseurs actuels et futurs que vous « avez ce qu’il faut » pour croître à long terme. Ainsi, de nombreux fondateurs devront céder une plus grande part de l’équité à ce stade qu’à tout autre, afin de rassurer les partenaires CR quant au risque qu’ils prennent.
Série A
Sources de financement :
- Accélérateurs ou incubateurs
- Investisseurs providentiels (anges financiers)
- Investisseurs en capital de risque / sociétés de capital de risque d’entreprise
- Bureaux familiaux
- Prêteurs à revenus
- Dette de capital-risque
En série A, votre plan d’affaires prend forme, vous commencez à bâtir une clientèle et à explorer le marketing produit, alors que votre entreprise se rapproche d’un flux de revenus stable et d’une croissance soutenue. Les indicateurs clés à surveiller à cette étape : Avez-vous trouvé une stratégie de commercialisation éprouvée avec un coût d’acquisition client (CAC) connu? Quels sont la croissance des revenus, le taux de rétention nette (NRR) et le taux de désabonnement?
Ce dernier point est crucial : ce n’est pas seulement le nombre d’utilisateurs qui intéresse les capital-risqueurs et autres bailleurs de fonds. À ce stade, les fondateurs doivent prouver qu’ils peuvent monétiser leur solution sur le long terme.
Les anges investisseurs et les CR traditionnels apportent l’essentiel du financement à cette étape, mais il est aussi possible d’approcher des accélérateurs ou des fonds CR d’entreprise — à condition d’avoir un plan d’affaires solide (c.-à-d. : une voie claire vers la rentabilité) pour rassurer les investisseurs.
Série B
Sources de financement :
- Investisseurs en capital de risque / sociétés de capital de risque d’entreprise
- Bureaux familiaux
- Capital-risqueurs de stade avancé
- Dette de capital-risque
- Prêteurs à revenus
Vous atteignez la Série B lorsque votre startup est prête à passer à l’échelle, notamment en lançant la production, le marketing et les ventes. Cela exige une nouvelle ronde de financement, souvent beaucoup plus importante, de la part de partenaires existants ou nouveaux.
Les indicateurs clés à surveiller ici : EBITDA, NRR, croissance annuelle et nouvelles opportunités (verticales, marchés, ventes additionnelles (upsell)).
Alors qu’en série A vous deviez démontrer le potentiel de votre produit, la Série B exige de prouver la viabilité commerciale réelle de votre solution. Il faut donc rassembler et présenter des données de performance qui montrent que vous êtes sur la voie du succès, et démontrer un véritable élan sur le marché (pas seulement du potentiel) pour garantir un retour sur investissement.
En Série B, vous collaborez généralement avec des CR et investisseurs spécialisés dans l’expansion de startups établies vers de plus grands marchés. En plus d’un financement accru, les fondateurs peuvent s’attendre à recevoir des conseils stratégiques pour mieux rivaliser et répondre aux besoins des clients à grande échelle. Les investisseurs stratégiques peuvent aussi faciliter de nouveaux partenariats et ouvrir des portes pour accélérer la croissance.
Résultat : les fondateurs ont parfois moins de contrôle direct sur l’orientation de l’entreprise en Série B, mais ils s’associent à des partenaires expérimentés qui ont tout intérêt à assurer le succès de produits similaires.
Série C (et plus)
Sources de financement :
- CR de stade avancé / CR d’entreprise
- Fonds de capital-investissement
- Fonds spéculatifs
- Banques
- Bureaux familiaux
- Dette de capital-risque
- Prêteurs à revenus
À cette étape, votre produit a trouvé son marché et génère des profits, ce qui ouvre la porte à la croissance — nouveaux produits, nouveaux marchés, voire acquisition. Typiquement, les entreprises à ce stade ont au moins 2-3 ans d’existence, affichent une rentabilité constante et conservent un fort potentiel de croissance.
Les entreprises rendues là doivent aussi être prêtes à croître à l’international. Puisqu’elles démontrent des revenus stables et une solide trajectoire de croissance, le risque est moindre pour les investisseurs, ce qui élargit considérablement le bassin de capital accessible aux fondateurs. Ainsi, les fonds spéculatifs, banques d’investissement et fonds de capital-investissement sont beaucoup plus enclins à investir, car les rendements sont plus prévisibles.
Mezzanine
Aussi appelée étape « pont » ou « pré-entrée en bourse », la phase mezzanine commence quand votre entreprise est bien établie et n’est plus une jeune pousse. Vous avez un plan d’affaires viable à long terme, une équipe de direction aguerrie et de nombreuses options pour l’avenir, que ce soit une entrée en bourse (IPO) ou une acquisition.
Dans le contexte du CR, le « financement mezzanine » désigne généralement une ronde de financement avancée juste avant l’entrée en bourse, mais il peut aussi s’agir de toute forme de dette subordonnée ou d’actions privilégiées (qui sont remboursées après la dette senior). Ce type de financement comporte souvent un volet en actions, comme des bons de souscription ou des droits de conversion, et offre des taux d’intérêt plus élevés que la dette senior, pour refléter le risque accru.
Le financement mezzanine fait généralement partie des fonds empruntés et se situe entre la dette senior et l’équité en termes de priorité de remboursement. Grâce à sa position dans la structure du capital, il peut générer des rendements importants si l’entreprise performe.
C’est à ce moment que les investisseurs qui ont soutenu la croissance du produit jusqu’à la rentabilité « encaissent » et vendent leurs parts pour récolter les fruits de leur investissement. Il peut y avoir un effet de vases communicants, alors que de nouveaux investisseurs de stade avancé remplacent les partenaires initiaux dans l’espoir de profiter d’une entrée en bourse ou d’une vente.
Bref, c’est à cette étape que vous pouvez considérer l’ensemble de votre parcours — de l’idée à la rentabilité — comme un succès (et commencer, avec vos investisseurs, à récolter les bénéfices de tous vos efforts).
Sortie
Rendre l’entreprise « publique » par une entrée en bourse (IPO) — c’est-à-dire offrir des actions sur le marché — permet de récompenser les fondateurs et les premiers investisseurs en générant de nouveaux fonds. Même si une IPO exige beaucoup de préparation (et une solide expertise juridique pour naviguer la réglementation), il est crucial, à cette étape, d’avoir toute la documentation financière de l’entreprise en ordre et facilement vérifiable.
Un tiers indépendant examinera alors tous vos états financiers pour évaluer la valeur de votre offre publique. Même si l’audit porte surtout sur la viabilité future de l’entreprise, toute validation passée — comme des études R-D réussies ayant mené à des crédits d’impôt ou des subventions — jouera en votre faveur pour obtenir une meilleure valorisation.
Chez Boast AI, nous avons accompagné des centaines de startups à travers l’Amérique du Nord pour structurer et optimiser leur R-D, tout en facilitant leur accès au financement gouvernemental non dilutif. En offrant aux équipes une plateforme unique pour visualiser leurs données financières, techniques et de produits, les entreprises peuvent mieux naviguer chaque étape de leur parcours de financement — capital-risque ou autre — pour concrétiser leurs innovations sur le marché.