Selon le Women Entrepreneurship Knowledge Hub (WEKH), on comptait environ 1,35 million de petites et moyennes entreprises (PME) au Canada à l’approche de 2024. Parmi celles-ci, environ 18 % étaient détenues majoritairement par des femmes.
D’un côté, ces chiffres montrent une progression encourageante du nombre d’entreprises dirigées par des femmes au Canada. En 2017, seulement 15,6 % des PME étaient menées par des femmes, contre 16,8 % en 2020 selon la plus récente Enquête sur le financement et la croissance des PME, pour atteindre aujourd’hui un sommet historique.
À l’inverse, être une entrepreneure ou un entrepreneur issu d’une minorité ne semble pas être devenu plus facile. La plus grande inégalité saute aux yeux — le statu quo veut que plus de 80 % des entreprises canadiennes soient dirigées par des hommes — mais les recherches récentes du WEKH révèlent aussi des nuances importantes à surveiller.
Dans le rapport 2024 du WEKH, on souligne régulièrement que seulement 4 % du capital de risque au Canada va à des entreprises dirigées par des femmes. De plus, ces entrepreneures obtiennent moins de rondes de financement et des montants moindres que leurs homologues masculins.
Dans ce billet, nous décortiquons les principaux faits et chiffres sur l’entrepreneuriat féminin et issu de la diversité au Canada, ainsi que les ressources qui peuvent aider les équipes à prendre de l’avance et à financer leur croissance.
Le potentiel financier des entrepreneures
Avant de souligner où l’écosystème techno canadien doit s’améliorer pour soutenir les fondatrices, il faut reconnaître que le pays est un chef de file mondial en matière d’entrepreneuriat diversifié.
D’ailleurs, le Canada se classe régulièrement parmi les meilleurs pays au monde pour
les indices d’entrepreneuriat féminin, notamment en ce qui concerne les politiques gouvernementales, le financement et les organismes de soutien aux entreprises.
Ainsi, selon le gouvernement du Canada et le WEKH, les Canadiennes étaient plus actives que la moyenne mondiale dans les activités entrepreneuriales en démarrage en 2022 (14,8 % contre 10,1 %) — même si elles demeurent derrière les hommes au pays (14,8 % contre 18,3 %).
En y regardant de plus près, l’écart d’accès au financement entre entrepreneures et entrepreneurs s’explique en partie par les secteurs d’activité où chaque groupe est le plus présent — ou, selon certains, auxquels on leur permet d’accéder.
Les chercheurs ont constaté qu’en 2021, les PME détenues par des femmes étaient surtout actives dans les services professionnels et techniques (16,9 %), le commerce de détail (10,8 %) et l’hébergement et la restauration (6,8 %). Les PME détenues par des hommes, elles, se concentraient dans l’industrie, notamment la construction (18,5 %) et le transport et l’entreposage (10,7 %).
Même si le portrait est complexe, les tendances récentes en capital de risque montrent que l’industrie s’est surtout tournée vers les secteurs industriels et l’intelligence artificielle — des domaines où la présence féminine est nettement plus faible.
Ce phénomène s’explique en grande partie par des biais — autant du côté du marché que des politiques publiques — qui limitent l’accès à certains secteurs. Pourtant, quand on examine les avantages des entreprises dirigées par des femmes, on réalise que cette exclusion est une erreur majeure :
- Quand les PME détenues par des femmes adoptent une stratégie d’exportation intensive, elles obtiennent souvent un rendement financier supérieur à celui des PME détenues par des hommes.
- Le commerce international des PME détenues par des femmes est aussi lié au secteur : les exportations sont plus élevées dans les services, là où les entrepreneures sont plus nombreuses.
- Fait saillant: Les PME détenues par des femmes immigrantes exportent presque deux fois plus que celles détenues par des femmes nées au Canada.
Encore plus de défis et d’occasions pour les entrepreneurs autochtones et 2SLGBTQ+
Le rapport du WEKH s’est aussi penché sur les principaux obstacles et les possibilités qui attendent les entrepreneurs issus de la diversité au Canada, afin d’identifier des solutions concrètes pour leur croissance.
Un chiffre frappant : 23,2 % des propriétaires d’entreprises autochtones sont des femmes, soit nettement plus que la proportion de femmes propriétaires d’entreprises non autochtones (19,5 %) au Canada.
Les fondatrices autochtones font face au même principal défi que leurs homologues non autochtones : l’accès au financement. Toutefois, pour elles, ce manque de financement est aggravé par un manque d’épargne, une absence d’historique de crédit, une réticence à l’endettement, des critères d’admissibilité stricts, la complexité du processus d’emprunt et des difficultés à comprendre la fiscalité.
La communauté 2SLGBTQ+ du Canada rencontre des obstacles similaires pour faire croître ses entreprises. Selon la Chambre de commerce 2SLGBTQ+ du Canada, plus de 100 000 entreprises au pays appartiennent à des personnes 2SLGBTQ+, générant plus de 22 milliards de dollars en retombées économiques et employant environ 435 000 personnes.
Sans surprise, l’accès au financement est la principale préoccupation soulevée par les répondants 2SLGBTQ+ dans le rapport du WEKH (41 %), suivie par la difficulté à obtenir du mentorat ou du coaching (33 %), la discrimination ou la difficulté à trouver des fournisseurs (23 %) et la difficulté à réseauter dans leur secteur (21 %).
Des changements de politiques publiques et privées pour favoriser un entrepreneuriat plus équitable
Pour contrer ces désavantages et élargir les occasions d’affaires pour les femmes et les entrepreneurs issus de la diversité, le WEKH défend des mesures ciblées visant à éliminer les obstacles du côté de l’offre. Cela inclut la promotion de sources de financement dédiées aux femmes entrepreneures et des initiatives pour rendre l’écosystème entrepreneurial plus inclusif.
Un exemple concret : la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE) du Canada, lancée en 2018, qui vise à améliorer l’accès des entreprises détenues par des femmes au financement, aux réseaux et à l’expertise nécessaires pour démarrer, croître et conquérir de nouveaux marchés. Cette stratégie repose sur trois piliers :
- Faciliter l’accès au financement grâce à des prêts ciblés et, plus récemment, à une initiative de capital de risque qui vise à bâtir un environnement de capital de risque (CR) plus inclusif pour les femmes entrepreneures au Canada
- Renforcer l’écosystème en investissant dans des intermédiaires qui offrent un accompagnement sur mesure aux femmes, comme la littératie financière, le mentorat, la formation, etc.
- Le Carrefour de connaissances sur la réussite des femmes en entrepreneuriat (WEKH), un réseau national qui dirige la recherche sur l’entrepreneuriat féminin, partage les meilleures pratiques entre organismes de soutien et fait le suivi des progrès des femmes entrepreneures au Canada.
En plus d’initiatives comme la SFE, il existe aussi des programmes gouvernementaux de financement qui permettent aux fondateurs innovants de tous horizons de propulser leur croissance.
Le programme de crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) du Canada permet aux entreprises, peu importe leur stade de développement et ce, dans presque tous les secteurs, de récupérer une part importante de leurs coûts de développement de produits liés à la recherche et au développement uniques.
Pour les fondateurs qui éprouvent des difficultés à obtenir du capital de risque, du capital-investissement ou d’autres sources de financement, profiter de crédits d’impôt à l’innovation comme la RS&DE peut s’avérer crucial. Cela permet de prolonger leur marge de manœuvre opérationnelle, de développer des produits plus performants et de croître sans perdre le contrôle de leur entreprise.
Chez Boast, nous avons accompagné des centaines de fondateurs partout en Amérique du Nord pour renforcer leur R-D, solidifier leur entreprise et accéder à des sources de capital clés. Pour découvrir comment nous pouvons accélérer la croissance de votre entreprise, parlez à un expert dès aujourd’hui.
Foire aux questions sur la diversité en technologie
- Quelle est la situation actuelle de l’entrepreneuriat féminin au Canada ? En 2024, près de 18 % des PME canadiennes sont majoritairement détenues par des femmes, une hausse par rapport à 15,6 % en 2017. Toutefois, seulement 4 % du capital de risque est attribué à des entreprises dirigées par des femmes, qui reçoivent aussi moins de rondes de financement et des montants moindres par ronde que les entreprises dirigées par des hommes.
- Comment le Canada se compare-t-il à l’échelle mondiale pour le soutien aux femmes entrepreneures ? Le Canada figure régulièrement parmi les pays les plus avancés pour l’entrepreneuriat féminin, notamment grâce à ses politiques publiques, programmes, financements et organismes de soutien. Les femmes canadiennes sont plus actives dans l’entrepreneuriat en démarrage (14,8 %) que la moyenne mondiale (10,1 %), mais demeurent derrière les hommes canadiens (18,3 %).
- Quels sont les principaux défis pour les entrepreneurs issus de la diversité au Canada ? Les entrepreneurs autochtones et 2SLGBTQ+ font face à des défis additionnels, au-delà du financement, comme le manque d’épargne, l’absence d’historique de crédit, la complexité du processus d’emprunt et la discrimination. Pour les propriétaires d’entreprises 2SLGBTQ+, les principales préoccupations sont l’accès au financement (41 %), au mentorat (33 %) et la discrimination lors de l’approvisionnement (23 %).
- Quels avantages présentent les entreprises dirigées par des femmes ? Les PME détenues par des femmes qui misent sur l’exportation intensive obtiennent souvent de meilleurs rendements financiers que celles détenues par des hommes. Elles affichent aussi des taux d’exportation plus élevés dans les secteurs de services. Fait à noter, les PME détenues par des femmes immigrantes exportent presque deux fois plus que celles détenues par des femmes nées au Canada.
- Quelles initiatives soutiennent l’entrepreneuriat diversifié au Canada ? La Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE) vise à accroître l’accès au financement, aux réseaux et à l’expertise pour les entreprises détenues par des femmes. Elle comprend des prêts ciblés, une initiative de capital de risque et du soutien aux intermédiaires offrant de la littératie financière et du mentorat. De plus, le programme de crédits d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) permet aux entreprises de tous horizons de récupérer une part importante de leurs coûts de R-D.