Alyssa Mack-Lee a commencé sa carrière dans la production de films et de télévision, où elle gérait le chaos sur les plateaux, réglait les imprévus en temps réel et coordonnait des productions de plusieurs millions de dollars. C’était exigeant, intense, et c’est là qu’elle excellait.
Puis, à l’âge adulte, on lui a diagnostiqué un TDAH. Soudain, tout s’est éclairé. Peu après, elle est tombée enceinte.
C’est là qu’elle a frappé un mur. Les outils qui l’aidaient à gérer son TDAH n’étaient plus accessibles. Le système de santé offrait des solutions pour les hommes et pour les femmes non enceintes, mais rien de pensé pour celles qui traversent de grands bouleversements hormonaux et cognitifs.
« J’ai eu l’impression de tomber dans une faille du système de santé », raconte-t-elle.
Au lieu de se demander « Pourquoi ça n’existe pas? », elle a commencé à se demander « Qu’est-ce qu’il faudrait pour créer ça? »
Le manque de recherche dont personne ne parle
Un des grands tabous de notre société, c’est que la santé des femmes est sous-étudiée depuis toujours.
Dans les années 70, 80 et 90, la recherche sur le TDAH portait presque uniquement sur les hommes. Pendant des décennies, quand une femme présentait des symptômes, on mettait ça sur le dos des hormones ou de la puberté. Ce n’est que récemment que les études se sont penchées sur la réalité féminine, et les résultats ont surpris tout le monde : les diagnostics chez les femmes ont bondi de 300 % ces dernières années. Ce n’est pas que le TDAH est soudainement plus fréquent, c’est qu’on a enfin commencé à le chercher.
La grossesse, le post-partum et la périménopause ne sont pas des cas marginaux. Ça touche plus de la moitié de la population, mais on dit encore aux femmes de « passer par-dessus » leurs symptômes.
Alyssa a vu cette faille et a décidé d’y remédier.
Blissminds : le bien-être cognitif des femmes, appuyé par la science
Blissminds développe des produits de bien-être cognitif conçus spécifiquement pour les femmes qui vivent de grands changements de vie. L’objectif : créer des solutions qui tiennent compte de l’impact des hormones, du sommeil, du stress et des transitions sur la cognition — des facteurs largement ignorés par la médecine moderne.
L’approche est rigoureuse. Alyssa a obtenu les approbations de Santé Canada, s’est associée à des chercheurs cliniques pour valider les résultats, et elle sélectionne des ingrédients hautement biodisponibles : fer, vitamines B, DHA et EPA issus de microalgues (plutôt que de poissons), inuline pour le lien intestin-cerveau, camomille concentrée et magnésium pour réguler le système nerveux.
Mais la vraie différence, c’est la validation clinique. Alors que la plupart des compagnies de suppléments évitent ce travail, Alyssa mène des essais cliniques pour mesurer les effets neurologiques chez les femmes qui utilisent ses produits. Ces données vont transformer la discussion sur le bien-être cognitif féminin.
Stratégie écosystémique : bâtir sa crédibilité avant de passer à l’échelle
Ce qui impressionne le plus dans la démarche d’Alyssa, c’est qu’elle n’a pas couru après le capital de risque tout de suite. Elle a d’abord bâti sa crédibilité dans l’écosystème.
Elle a participé à League of Innovators, au programme InvestorSpeak de WeVC, à Innovation Governance, au Forum Mentorat et à Natural Products Canada, pour ne nommer que quelques organisations de son réseau. Chacune a ajouté une couche de validation et ouvert de nouvelles portes.
« Je suis fière de ne pas être la plus brillante dans la pièce, dit-elle. Mais m’entourer de ceux qui le sont, c’est l’un des plus grands atouts pour une fondatrice. »
Cette stratégie axée sur l’écosystème porte fruit. Blissminds vient d’être nommée pour un prix Trailblazer Small Business par la Canadian Food & Health Association, et ce, avant même le lancement officiel de son premier produit.
Stratégie de financement non dilutif : RS&DE et plus encore
Comme bien des fondatrices en biotechnologie et suppléments, Alyssa gère son capital de façon stratégique. Elle a autofinancé le démarrage avec l’aide de proches, mais elle vise aussi le financement non dilutif : subventions, programmes d’innovation et, surtout, crédits d’impôt à la R-D.
Avec les bonifications RS&DE de 2026 maintenant en vigueur, les entreprises peuvent réclamer jusqu’à 6 M$ en dépenses admissibles par année, avec un maximum de 2,1 M$ en crédits fédéraux remboursables. Pour une entreprise qui mène des essais cliniques et développe des formules exclusives, c’est du capital concret à réinvestir dans la recherche.
La stratégie d’Alyssa est exemplaire : bâtir sa crédibilité dans l’écosystème, obtenir du financement non dilutif pour valider la science avant de lever du capital de risque, et ne diluer l’équité qu’une fois la preuve de concept et l’alignement des investisseurs sur la mission.
La suite
Blissminds prépare le lancement officiel de ses produits. L’équipe poursuit la validation clinique et le recrutement de participantes, tout en élargissant ses partenariats avec des sages-femmes, doulas et naturopathes — des professionnelles qui peuvent recommander leurs produits aux femmes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas utiliser de médicaments.
L’équipe se rendra à la CHFA (Canadian Health Food Association) à Toronto pour développer ses partenariats de distribution et de vente au détail.
Mais ce qui motive Alyssa, ce ne sont pas les prix ni les objectifs de revenus, mais les messages de femmes qui lui disent : « Je me sens enfin vue. Je me sens entendue. »
« Si, dans 10 ans, Blissminds a contribué à changer la conversation sur le bien-être cognitif des femmes », a-t-elle déclaré, « je considérerai cela comme une réussite. »
Voilà la différence entre une entreprise et un mouvement. Écoutez l’épisode complet pour découvrir tout le parcours d’Alyssa : de la faille qu’elle a identifiée dans le système de santé, à l’écosystème qui l’a soutenue, jusqu’à la mission qui la pousse à avancer.
À propos de What the Tech de Boast
What the Tech présente des discussions avec des esprits brillants qui bâtissent des solutions transformatrices. Animé par Paul Davenport, chef du contenu chez Boast.